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Sur les troubles du comportement

Sur les troubles du comportement

 

Prenons l'extrait du texte de référence : 
"leur personnalité profonde est dévorée par le masque et ils deviennent incapables de prendre librement leurs décisions. Toutes leurs actions répondent au même objectif : garder intact le portrait qu'ils offrent aux autres, ne pas remettre en question la vision qu'ils ont d'eux-mêmes." En ce sens, Jean Claude Roman me semblait être un bon exemple de ce qu'exprimait l'auteur. >

Il semble qu'il y a un amalgame dans cette interprétation. Garder intact le portrait qu'on offre aux autre est une chose, ne pas remettre en question la vision qu'on a de soi-même en est une autre. C'est ici une distinction que vous ne semblez pas faire.

Jean Claude Roman donnait une certaine vision de lui à son entourage, par sa vie inventée, mais ça ne veut pas dire que c'est la vision qu'il avait de lui-même. En effet, ce serait contradictoire, car pourquoi vouloir conserver, entretenir une image aux yeux des autres lorsqu'on sait que c'est la vraie image de nous que l'on donne ? Lorsqu’on la croie vraie au point de ne plus la distinguée avec la bonne image de soi (celle qu’on cache aux autres) ? Il me semble que cet homme savait pertinemment que cette image qu'il donnait de lui aux autres n'était pas la vraie. Il ne s'agissait pas pour lui de la remise en question de la vision qu'il avait de lui-même, mais de la vision que les autres avaient de lui. Il devait bien avoir en vue sa véritable image de lui, d'une part, celle qu'il devait conserver à l'abri du regard des autres ; et d'autre part, la fausse image qu'il donnait de lui aux autres, le masque. Il devait protéger sa véritable image de lui-même par le masque de sa fausse image de lui. S'il n'avait pas conscience de sa véritable image de lui, son masque serait une absurdité. Quel sens y a-t-il à vouloir protéger un secret dont on n'a pas connaissance ? Pourquoi voudrais-je que les autres ne voient pas ma véritable nature si je sais pertinemment que je n'ai rien à cacher. Les actes de Jean Claude Roman prouvent qu'il était conscient de ce qu'il avait à cacher. Et toute son entreprise n'avait que pour but de maquiller cet aspect qu'il refusait de montrer aux autres. S'il y a donc quelque chose qui pouvait être remis en question c'était donc bien la fausse image de lui qu'il montrait aux autres, et non sa véritable personnalité. Il ne s'agit donc pas de la remise en question de la vision qu'on a de nous-mêmes quand on porte un masque, mais de la remise en question de l'image que les autres se font de nous, de la remise en question du masque. Le masque n'est pas une vision que j'ai de moi-même, mais une image de ce que je veux que les autres perçoivent de moi. Il y a une intention d'apparaître aux autres d'une certaine manière dans le port du masque ; et il ne peut y avoir cet intention que si je suis parfaitement au courant de la véritable image de moi-même, que si j'ai peur de ce que les autres pourraient percevoir de moi et dont je n'ai pas envie ou honte de montrer.

Dans votre définition du trouble du comportement on ne voit rien qui se rapporte à un trouble. Mais uniquement des états de tous ce qu'il y a de plus ordinaire chez un individu. Ensuite, les maladies prétendument causées par le trouble du comportement nous parlent de maladies tout à fait banal, mais ne nous apprend rien sur ce qu'est le trouble du comportement. Lorsqu'on me parle d'un chat, je vois tout de suite ce que c'est. Ou d'un rhum je peux tout de suite m'en faire une représentation, mais quand on me parle d'un trouble du comportement je ne vois absolument rien. Je ne vois rien d'autre qu'un mot. Le trouble du comportement semble n'être pas plus qu'un trouble verbal, mais pas un véritable trouble.

Je peux être troublé à la vue d'un magnifique paysage, à la vue d'une superbe femme. Ce trouble se caractérise par une émotion en moi. Émotion signifie ce qui est en mouvement, il en est de même pour le trouble, il doit signifier quelque chose en mouvement. Tout comme une eau troublée par exemple, on peut le constater par le mouvement de l'eau (des vagues par exemple), ou par une image trouble renvoyée par le reflet de l'eau troublée. Trouble peut alors signifier une certaine confusion de l'esprit, ou ce qui ne se distingue pas clairement. Or, pour Jean Claude Roman, comme on a pu le voir, il ne pouvait agir que s'il faisait clairement la distinction entre ce qu'il ne voulait pas que les autres voient de lui (sa véritable nature) et ce qu'il voulait que les autres voient de lui (sa fausse image de lui, son masque). Il n'y a là aucun trouble pour lui, aucune confusion, car comment pourrait-il se protéger du regard des autres s'il ne faisait aucune différence entre ses deux natures (la vraie et la fausse) ? Contrairement aux idées reçues, le mensonge à soi-même est impossible. En tout cas, il a été impossible dans ce cas précis, autrement il n'aurait pas pu jouer ce rôle pendant dix-huit ans. Il devait à chaque fois être vigilant, très prudent pour ne pas être démasqué, ce qui ne pouvait être possible que s'il avait parfaitement conscience de ce que les autres ne devaient pas découvrir de lui.

On peut encore parler d'une vue trouble, ce qui veut dire que celle-ci ne distingue pas clairement ce qui doit être distingué. Une vue troublée ne veut pas forcément dire que l’œil est trouble. Pour que l’œil puisse percevoir quelque chose de trouble, il faut que lui-même ne soit pas troublé. Car percevoir quelque chose de trouble signifie que je perçois clairement quelque chose de trouble. Le trouble n’est donc pas dans mon œil, mais dans la chose perçue par mon œil. Mais parler d'un comportement trouble ne semble avoir aucun sens, en tout cas je ne le comprends pas. L'esprit peut être troublé, en ce sens, cela signifierait qu'il ne distingue pas clairement ce qui doit être distingué, ce qu'il verrait alors, serait comme une chose qu'il ne voit pas, comme une chose dont il n'arrive pas à distinguer clairement ce que c'est (comme le reflet d'une image trouble dans une eau troublée par exemple). Cette vue troublée de l'esprit est à distinguer du mirage par exemple, car lorsque l'on voit un mirage on voit clairement quelque chose (de l'eau dans un désert par exemple), et non pas quelque chose de confus. Trouble, si l'on s'accorde avec cette définition, signifie alors : ce qui ne peut pas être distingué clairement. Un trouble du comportement serait alors un comportement qui ne peut pas être distingué clairement. Une colère qui peut sembler non-adapté pour les autres, l'est forcément pour celui qui se met en colère. Puisque l'émotion ne se réveille pas quand je veux, mais d'elle-même face à une situation particulière. À l'inverse, le comportement est une manière consciente d'agir. Lorsque mon corps tombe malade ce n'est pas mon comportement qui le provoque, comme par exemple quand j'attrape froid. Ici c'est le froid qui provoque la maladie chez moi. Si dans mon comportement, je n'ai pas pris les précautions nécessaires pour me protéger du froid, ce comportement n'est toujours pas la cause de ma grippe, mais le froid l'est. Ce manque de précaution ne peut pas constituer un trouble, car ce qui me trouble, ou ce qui me rend malade (ou confus) n'est pas mon comportement mais bien le froid. C'est ce dernier qui est cause de ma grippe. De la même manière, le masque en lui-même ne peut constituer un trouble. Mais ce qui peut me trouble c'est le jugement des autres sur ma personne ou mon propre jugement sur moi-même. Pour me protéger de ce trouble je vais créer un masque qui justement va canaliser ce trouble, l'apaiser. C'est une façon pour moi de mettre fin au trouble. Mes émotions et non mon comportement, qui se sentaient troublés par le regard des autres ou par mon propre regard sur moi-même, on induit un comportement qui neutralise ce trouble. Le trouble est donc à situer, non pas dans le comportement, car tout comportement ou manière d'agir est nécessairement conscient et délibéré, ce trouble dis-je, est donc à situer dans la seule chose qui peut être troublée, à savoir mes émotions. Et il n'y a rien d'extraordinaire dans le trouble des émotions, car la nature même d'une émotion est d'être troublée. Tout comme la nature même d'un oiseau est de voler. Classifier cela dans la catégorie d'un dérangement comportemental est un non-sens. De même un dérangement émotionnel. Car c'est rendre contre-nature ce qui est naturel. Le trouble est la nature même de l'émotion. Le masque (comportement), bien qu'il puisse être en réaction par rapport à un trouble (émotion), ne peut pas constituer un trouble en lui-même.

Vous placez (vous ou wikipédia) par exemple la colère, la tristesse et la joie dans les comportements primitifs. Mais nous ne sommes pas là face à des comportements mais face à des émotions. Cette confusion des genres me semble dangereuse, et elle est véhiculée par le vocabulaire psys et des dictionnaires comme si elle était correcte. Je peux subir la perte de mon enfant, ressentir de la tristesse par rapport à cela, ce qui n'empêchera pas d'avoir des fous rire de temps en temps, alors même que je suis triste et abattue. Je peux être triste et provoquer des fous rires chez les autres par mon comportement (par exemple le clown). Je peux être en colère (émotion) contre mon patron, et être affectueux envers mes enfants. Je peux tomber amoureux d'une fille (émotion) et me refuser de la fréquenter parce que je suis marié, parce que j'ai des principes (comportement), donc agir différemment de ce que je ressens, de ce qui me trouble (la fille dont je tombe amoureux). Je peux avoir envie de tuer (émotion) et ne pas agir par peur de la loi (comportement). L'émotion, ou le trouble, ne détermine pas forcément un comportement, c'est pour cela que l'expression "trouble du comportement n'a pas de sens. L'émotion n'est pas quelque chose que l'on peut figer et pétrifier dans un comportement quelconque. De même que le trouble, il est nécessairement passage, il ne peut pas être figé ou plaqué sur un comportement en disant : "voilà ce comportement est un trouble". Le comportement est libre également. C'est le libre-arbitre qui détermine le comportement de chacun et non les émotions qui ne font que suggérer, peut être influencé le libre arbitre, mais ne décident pas à sa place (à la place du libre-arbitre). Les troubles du comportement et les maladies mentales n'ont un sens que si l'on nie le libre-arbitre et que l'on pose à sa place un inconscient. Mais pour bien des raisons, le concept de l'inconscient est insoutenable. 

La Statue

Le nombre 11
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Invité
vendredi 16 novembre 2018

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