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Primum non nocere

Primum non nocere

Pour ceux qui l'ignoraient, la nuit dernière (du 30 au 31 janvier) était le point de bascule entre l'an dernier et le nouvel an, sous le signe, pour la culture asiatique, du Cheval de bois.

J'en discuterai un autre jour.

Juste dire aujourd'hui que je me suis éveillé vers quatre heures et quelque du matin sous la pression de ma vessie, enroulé autour d'un mantra : primum non nocere primum non nocere primumnonnocere primumnonnocereprimum...

... et autour de cette boucle l'intellect qui tourne et cherche à comprendre, car c'est son rôle, d'observer et de tirer des conclusions des phénomènes issus du mystérieux royaume de l'ombre.

Pas l'ombre qui s'oppose, non. On (homo, le genre humain, la foule) ne fait jamais la différence entre l'ombre et l'Ombre.

Sa peur native amalgame l'ombre qui s'interpose et produit les monstres, et l'Ombre féconde et matricielle dont les fruits donnent la Lumière.

Par peur de l'ombre, il fuit la Lumière.

Cette phrase cent fois répétée cette nuit dans ma cervelle obscure, je la connais : "d'abord (avant tout), ne pas nuire".

Attribuée à Hippocrate, on la lie toujours à l'exercice de la médecine.

Personne, à part de rares oiseaux comme moi, n'ayant appris le grec classique à l'école, ne sait que le nom "Hippocrate" est un pseudonyme. Il signifie : celui qui gouverne les chevaux. En Chine, on dirait : Celui qui chevauche le Tigre. Ici : celui qui contrôle ses pulsions.

On parle donc d'un Maître.

Le véritable médecin sait gouverner ses pulsions, et reconnaître l'inaptitude de ses congénères à gouverner les leurs, qui sont les mêmes, évidemment.

Hippocrate n'est donc pas un médecin, mais un Sage. Qui a acquis par sa propre expérience l'art difficile de guider les autres à travers les méandres et les écueils de leur voyage terrestre.

Nous voici loin de la pseudo médecine actuelle, de ses fonctionnaires-prescripteurs, et des "médicaliments", aux antipodes, même.

Ces mots revenant sans cesse, alors que je ne suis pas médecin, avaient un sens. Qui s'est dégagé peu à peu du brouillard de la nuit.

Le conseil, au médecin, à celui à qui échoit le dangereux rôle d'aider les autres à éviter les gouffres et récifs, pour les amener au rivage d'en face, c'est : avant tout, ne pas nuire.

A l'homme ordinaire, qui n'a d'autre ambition que d'être au plus près d'un homme véritable, alliant en lui le difficile mariage du Ciel et de la Terre, est le même : avant tout, ne pas blesser, ne pas faire mal, ne pas se laisser aller à une violente jouissance.

Dans ceci, un rappel indispensable :

Mathieu, 15 -10 : Et ayant appelé la foule, il (Jésus) leur dit:

11 Écoutez et comprenez: ce n’est pas ce qui entre dans la bouche qui souille l’homme; mais ce qui sort de la bouche, c’est là ce qui souille l’homme.

12 Alors ses disciples, s’approchant, lui dirent: Sais-tu que les pharisiens ont été scandalisés en entendant cette parole?

13 Mais lui, répondant, dit: Toute plante que mon Père céleste n’a pas plantée sera déracinée.

14 Laissez-les; ce sont des aveugles, conducteurs d’aveugles: et si un aveugle conduit un aveugle, ils tomberont tous deux dans une fosse.

15 Et Pierre, répondant, lui dit: Expose-nous cette parabole.

16 Et il dit: Et vous aussi, êtes-vous encore sans intelligence?

17 N’entendez-vous pas encore que tout ce qui entre dans la bouche va dans le ventre, et passe ensuite dans le lieu secret?

18 Mais les choses qui sortent de la bouche viennent du cœur, et ces choses-là souillent l’homme.

19 Car du cœur viennent les mauvaises pensées, les meurtres, les adultères, les fornications, les vols, les faux témoignages, les injures:

20 ce sont ces choses qui souillent l’homme; mais de manger avec des mains non lavées ne souille pas l’homme.

10 Et ayant appelé la foule, il (Jésus) leur dit:

11 Écoutez et comprenez: ce n’est pas ce qui entre dans la bouche qui souille l’homme; mais ce qui sort de la bouche, c’est là ce qui souille l’homme.

D'abord, ne pas nuire, c'est savoir endiguer la violence qui sort de nous, de notre bouche.

Éveillé sous le poids de l'urine accumulée dans ma vessie, si j'y cède, je me souille et souille ma couche.

Si je cède au poids de la haine qui s'accumule en moi, je me souille tout autant, et souille l'autre auquel je croyais porter secours.

Je suis alors mauvais médecin, moi qui pensais pouvoir servir, et n'ai fait qu'écraser l'autre par ma violence et mon mépris contre le rocher où il s'agrippait et attendait de moi aide et secours.

D'abord, ne pas nuire.

A tous les coins de rue, les coins de stage, j'entends parler d'amour, et d'amour inconditionnel...

Dieu, que la barre est haute, et combien peu sont capables de sauter si haut...

Déjà, ne pas nuire, serait un tel progrès...

Sept fois, tourner sa langue en sa bouche, disait-on...

Sept fois, afin de vérifier que la parole qui serait donnée aurait satisfait aux sept exigences de la relation, qu'on pourrait définir par les caractéristiques des sept chakras, sept filtres vivants, toujours en mouvement, contrairement au mots du jugement, figés et rancis dans leur vilain jus.

Une telle parole ne nuirait pas, délivrée de toute nocivité, de tout poison, et serait un véritable élixir de vie.

Le premier travail, telle est la leçon de cette première nuit de l'année du Cheval : Avant tout, veiller à ne pas nuire.

Après, l'amour, qui est la véritable médecine vient tout naturellement.

Vieux Jade

 

 

Ce blog est une véritable merveille de réflexion, merci Vieux Jade.

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Invité
vendredi 16 novembre 2018

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