• A la mémoire des perceptions et des expériences ..

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Pour tous les enfants de la terre

Pour tous les enfants de la terre
Lorsque nous entrâmes dans la chambre d'hôpital, 
Grand-père était entouré d'infirmières et des 
tuyaux le reliaient à une drôle de machine. 
 
Grand-père ne paraissait pas en forme. C'est le 
moins que l'on puisse dire. Son visage était blafard 
et creusé de rides profondes que nous n'avions jamais 
remarquées auparavant. 
 
Il était si maigre que nous n'aurions jamais pensé qu'un 
homme puisse le devenir à ce point. Nous avions pourtant déjà 
vu sur le Web quelques images des camps de concentration 
d'Hitler. 
 
Ce tableau d'un autre Grand-père que le nôtre était affligeant 
et nous éprouvait terriblement. Il n'était plus le Papy qui nous 
prenait dans ses branches et nous faisait rire. Ce n'était qu'un 
tas d'os emballé dans de la peau terne. 
 
Les infirmières se retirèrent après l'avoir bordé et lui avoir 
soufflé quelques mots à l'oreille. 
 
Il ouvrit les yeux avec peine, nous vit, alignés tous les cinq 
devant notre mère et notre père, ses filles et ses fils. Il sourit. 
C'était enfin Grand-père ! 
 
"Vous êtes venus, mes lapins, dit-il, c'est vraiment gentil." 
Nous, tous en chœur : "Bonjour Papy !!!"
Nous l'aimions ! 
 
Ses yeux devinrent luisants, comme si des larmes étaient en 
train de se former sans jamais ruisseler sur ses joues creuses. 
 
Il s'éclaircit la voix et prononça ces mots : 
 
"Mes petits-enfants, mes enfants, il est pour moi l'heure de 
vous quitter. Là où je vais, vous irez tous un jour et nul ne sait 
vraiment où ça se trouve, ni même si ça se trouve."
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Invité
mercredi 14 novembre 2018

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