• A la mémoire des perceptions et des expériences ..

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Miroir, miroir, dis-moi, qui suis-je ?

Miroir, miroir, dis-moi, qui suis-je ?

Quand vous vous levez le matin, est-ce que votre première pensée est pour vous ?

Ou alors, comme moi, vous pensez à tout ce que vous allez devoir accomplir ? Avec plus ou moins d’enthousiasme ?

Si je ne me trompe pas, nous sommes la personne avec qui nous passons le plus de temps sur terre, et pourtant, très souvent, nous finissons par nous oublier.

Et puis un jour, au détour d’un miroir, nous nous surprenons à regarder cette image plus sérieusement et pendant un bref instant, nous nous demandons, “C’est qui lui ?”, “C’est qui elle ?”

Où étions-nous passé ?

Se méfier des contes de fées

Peut-être que j’exagère un peu mais certains moments de notre chemin de vie y ressemblent. Le miroir de Blanche-Neige est parfois trop présent dans notre quotidien et risque de nous faire oublier ce qui est important. Pourtant, lorsque nous sommes enfants, nous nous intéressons peu à nous-même mais plus au monde extérieur qui est si grand et où il y a plein de choses à découvrir.

Lorsque l’adolescence arrive, avec ses incertitudes, la compréhension que le monde est un peu plus compliqué qu’il n’y parait, on a besoin de se rassurer. On a peu d’expérience dans laquelle puiser et donc c’est le physique, l’extérieur, l’apparence qui prennent le dessus.

Ici, au Japon, je suis très étonné par le temps que passent les ados à se regarder dans une glace, arrangeant une mèche par ci, rectifiant un col par là. Et pas une seule fois le matin, mais bien des dizaines de fois dans la journée. C’est la tyrannie du physique. On ne peut pas leur en vouloir car, à longueur de journée, ils sont bombardés par de la publicité vantant la beauté de corps sveltes, gracieux et stylés.

Le problème, c’est que s’ils restent trop fixés sur cet aspect extérieur, ils finissent par en oublier qu’ils ont aussi un monde intérieur riche, qui est le leur et qui n’a pas besoin d’être approuvé par qui que ce soit.

Une vie basée sur le physique, c’est à dire la validation par les autres – je lui plais, donc j’existe – ne peut conduire qu’à une vie fade et superficielle.

La société et nous

C’est ce qui se passe à l’intérieur qui est important. Or nous passons plus de temps à cultiver notre extérieur que ce qui se passe en nous. Je ne dis pas qu’il faudrait tous devenir des espèces d’ermites en haillons mais la balance devrait plus pencher dans l’autre sens, sur ce qui se passe en nous.

Et pour pouvoir s’y intéresser, il faut savoir s’apprécier et se respecter. Ça, ce n’est pas facile parce que notre société ne fait pas l’effort de nous donner les clefs d’accès à notre vie intérieure.

Il n’y a pas de publicité dans les magazines nous encourageant à réfléchir sur nous-mêmes, à apprécier nos qualités et à connaitre nos points faibles. Pourtant, c’est la base de toute vie épanouie. On commence, à mon avis, par soi et ensuite on va vers les autres et pas le contraire.

Il faut au moins s’aimer un petit peu pour pouvoir apprécier et donner aux autres.

Découvrir ses talents

Alors, commençons par creuser en nous. Comment nous nous trouvons ? Loin d’être parfait ? Pas si intelligent que ça ? Je suis prêt à parier qu’environ 90% d’entre nous, nous allons nous dire cela, à un moment ou un autre de notre vie. Les 10% restants ne sont, en général, que des narcissiques incorrigibles qui font le vide autour d’eux à cause de leur autosatisfaction. Douter est normal – c’est un très ancien système de sécurité pour nous protéger – mais rester dans le doute ne nous aide pas.

Alors pour ceux et celles qui comme moi font partie des 90%, cherchons un peu. N’avons-nous pas des talents ? Des savoir-faire dont nous pouvons être fiers ? En fait, pas besoin de chercher très loin. Tous les matins, nous répondons présent dans divers domaines, qu’ils soient professionnels ou familiaux.

Il y a des choses que nous pouvons faire avec confiance. Ce n’est pas donné à tout le monde. Que ce soit, résoudre une équation à deux inconnues, faire un riz pilaf du tonnerre, chanter dans une chorale, être talentueux avec une Gameboy ou avoir la main verte, ces talents-là sont à nous et nous devrions nous en souvenir plus souvent, plutôt que de méditer sur nos défauts.

Car de toute façon, nous ne serons jamais parfaits et heureusement. Dans notre vie, il y a des points forts et il y a des points faibles. Des hauts et des bas. Des joies et des vides.

La force de l’art nippon

L’art traditionnel japonais est célébré dans le monde entier. Cet style, beau, dépouillé, rempli d’espace qui nous pousse à la réflexion est basé sur un concept très simple : l’asymétrie. L’artiste japonais avait – et a toujours d’ailleurs – un rejet de l’équilibre parfait. Pour lui, la vie est un changement constant qui doit se retrouver dans les objets qu’il sculpte, peint ou dont il fait les plans. Et ce changement, ne peut venir que de l’asymétrie qui attire le regard et pousse à la réflexion vers un équilibre fugitif.

Nos asymétries intérieures sont donc également des richesses. Elles font notre force, elles font que nous sommes des êtres dignes d’intérêt auxquels les autres s’intéressent. Personne ne reste longtemps avec une personne lisse d’où rien ne dépasse. L’ennui pointerait vite. Non, notre rugosité, le relief plus ou moins escarpé de nos différentes expériences est ce qui fait notre charme et qui nous donne aussi l’envie de progresser, d’ajouter des cordes à notre arc, à la recherche d’un meilleur équilibre.

Si nous arrêtons de construire notre intérieur, d’y ajouter de nouveaux savoirs, nous somme comme morts. Généralement cela se produit le jour où nous donnons aux autres l’autorisation de nous juger, de nous dire si oui ou non, nous sommes dignes d’eux.

La vérité est en nous

Faites l’expérience.

Retournez devant un miroir – et pas celui de La belle au bois dormant s’il vous plait. ;)

Cette fois-ci, au lieu de regarder si votre coupe de cheveux est parfaite, si votre mascara fait bien ressortir vos yeux, si cette ride qui apparait là ne vous vieillit pas trop, si votre nez est trop long – ou trop court -, non, regardez-vous juste dans les yeux.

Observez-vous, sans ciller, sans détourner votre regard, sans penser à autre chose. Plongez votre regard en vous-même aussi longtemps que vous le pouvez. Je sais, c’est difficile. Trente secondes, 1 minute, 2 minutes regardez bien dans vos pupilles et vous verrez, à un moment, un déclic se produira – déclic parfois inconfortable. Vous vous découvrirez soudain tel que vous êtes réellement, c’est à dire un être avec un passé bien réel. Vous comprendrez que tout le reste autour, n’est qu’artifices culturels, utiles mais pas indispensables, mais que la vérité, notre vérité, se trouve au fond de ce regard.

Vous verrez, au bout d’un moment, si vous oubliez tout le reste, vous vous trouverez beau ou belle, conquérant ou conquérante, complet ou complète.

J’aimerais bien que, lorsqu’ils sont tout jeunes, on dise aux enfants combien ils sont talentueux tels qu’ils sont et que pour le reste de leur vie, ils ne feront qu’ajouter à cette richesse. Au lieu de boucher des trous, comme nous le faisons souvent, ils joueraient sur leurs asymétries, se rendant ainsi plus beaux, plus riches, et encore plus respectueux d’eux-mêmes.

Pour nous qui sommes des adultes, nous pouvons à tout moment recommencer à appuyer sur nos asymétries plutôt que d’aplanir, d’arrondir nos angles. Pour reprendre l’expression de Nicolas Pène, nous sommes tous et toutes, à un certain moment, des moutons noirs, plus ou moins scanneurs.

Cessons de rechercher l’équilibre stérile mais insistons outrageusement sur nos qualités pour montrer au monde notre valeur.

Si vous faites ça, votre confiance intérieure en sera renforcé et vos relations extérieures s’épanouiront, créant une personnalité vraiment unique : vOuS. ;)

http://revolutionpersonnelle.com/2010/06/miroir-miroir-dis-moi-qui-suis-je/

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vendredi 16 novembre 2018

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