• A la mémoire des perceptions et des expériences ..

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Libre servitude

Libre servitude

Nous sommes des esclaves. Nous ne secouons même pas notre joug de servitude, nous sommes consentants. Nos passions excessives et déréglées, l’attrait de l’argent, l’alcool, la jalousie, la télévision, etc. constituent autant de chaînes plus ou moins épaisses et robustes, plus ou moins courtes et contraignantes dont nous nous sommes volontairement chargés et auxquelles nous sommes désormais attachés. Nous ne nous appartenons plus, nous obéissons à leur loi, au diktat de chacun de ces maîtres qui décident et agissent pour nous, sans que nous renâclions, sans que nous percevions cela comme autant d’ordres impérieux. Nous leur sommes soumis.

Nous sommes tous des serfs et nous avons besoin d’un libérateur. Le sujet nous entrainerait fort loin, je me bornerai à aborder un point qui me semble crucial car il s‘agit d‘un esclavage diffus, hérité du code social, si désuet et discret qu‘on ne le remarque guère, un gentil asservissement qui nous est légué, inculqué même parfois, et dont il est terriblement difficile de se défaire. Cet esclavage sirupeux et policé est le regard des autres. Plus efficace que la crainte d’un maton sadique, plus têtu que la plus têtue des machines, partout, toujours, le regard d’autrui et, par voie de conséquence, son jugement nous hantent et nous soumettent.

Tous les domaines sans exception (vestimentaire, linguistique, comportemental, sexuel, spirituel…) obéissent à cette loi sociale que nous nous imposons, à laquelle nous pensons constamment et à laquelle nul n’échappe. Nous écartons telle phrase, nous évitons tel mot qui seraient mal vus, même si c’est la vérité qui en souffre, nous renonçons à tel vêtement qui serait critiqué, nous tempérons nos sentiments, nous taisons ce qui est dans notre cœur, nous sourions ou pleurons sur commande, nous faisons semblant, nous remplaçons les couleurs les plus criantes et criardes, les plus vives et vivantes, les plus éclatantes de la palette de la vie et de notre personnalité pour y substituer le gris blafard de la bienséance et de la bonne éducation. Nous nous autocensurons, nous nous surveillons, nous sommes devenus nos propres gardes-chiourmes. Mon patron, mes voisins, mes collègues, ma famille, mes amis, que penseraient-ils ? Que diront-ils ? Et les gens de la rue qui ne me sont rien ? Eux que je ne connais pas, que je ne connaitrai probablement jamais, même eux - surtout eux ? - leur opinion compte et pèse sur mes « décisions », elle influence de façon essentielle ma façon de m’habiller, de parler, de penser, d’être. Des regards étrangers déterminent qui je suis !

L‘existence doit être une lente mais incessante marche vers la Vérité et la Liberté. L’une des premières étapes consiste à s’affranchir de cette tyrannie douceâtre du regard des autres, quoi qu’il en coûte, sous peine de rester un pantin ridicule, un simple esclave comme tant d’autres, à jamais.

 

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Invité
jeudi 15 novembre 2018

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