• A la mémoire des perceptions et des expériences ..

12 minutes de lecture (2483 mots)

Les derviches auto-guérisseurs

Les derviches auto-guérisseurs
Depuis des lustres, au Moyen-Orient, les membres d'un ordre soufi réalisent des miracles sous l'emprise de transes. De récentes recherches ont tenté de percer le secret de leurs pouvoirs de guérison.
 
Au milieu du XIXè siècle, dans une ville située au nord du Kurdistan irakien, le Cheikh Abdul Karim reçut de son maître soufi l'ordre de faire retraite dans la montagne. Ce derviche s'exécuta et, pendant deux ans, ne donna plus signe de vie. Sa famille le considéra comme mort.
Enfin, une nuit, Karim apparut à son frère en rêve et lui révéla le lieu de sa retraite. Le lendemain, la famille prit le chemin des montagnes, retrouva Karim à l'endroit indiqué et put le ramener sain et sauf chez lui. Karim venait de passer ces deux années de retraite dans une parfaite communion avec Dieu. Et ce serait à l'occasion d'une méditation profonde qu'un Canazan – un « secret que nul ne connaît » - lui aurait été confié.
Depuis cette date, l'ordre de Soufis auquel appartient Karim se fait appeler Tariqa Casnazaniyyah, ce qui signifie « la voie que nul ne connaît ».
 

UNE INSPIRATION MYSTIQUE

 
Depuis le VIè siècle après J.-C., les soufis perpétuent une tradition mystique au sein de la religion islamique. Il existe de nos jours environ 150 différents ordres soufis qui, outre une parfaite maîtrise des préceptes du Coran, revendiquent aussi l'héritage de secrets divins directement transmis par le prophète Mahomet aux maîtres (Cheikh) se succédant à la tête des lignées soufies.
Le symbole du soufisme est la rose, une fleur dont la beauté et la douceur s'épanouissent au bout d'une tige couverte d'épines, une image évoquant la difficulté de la voie mystique menant à la grâce divine. « Si Dieu t'atteint d'un mal, lui seul pourra t'en délivrer. » Ce verset du Coran (6:17) permet, selon les soufis, d'expliquer l'origine de leurs pouvoirs : en associant piété et soumission à Allah, ils peuvent accomplir des miracles assimilables aux attributs de Dieu. La récitation du Coran est elle-même source de performances physiques : les soufis pratiquent onze degrés de difficulté de récitation du Coran et, alternant départs et arrêts de souffles, réussirent à soutenir une expiration de deux minutes tout en changeant cinq fois d'octaves ! L'utilisation des fameux mantras (sons psalmodiés représentant des constantes harmoniques universelles) permet aux soufis de galvaniser leur corps : chacune de ces vibrations sonores semble avoir un impact précis sur le système endocrinien.
Plusieurs techniques de guérison coexistent parmi les ordres soufis. Vieux de huit siècles, et l'un des plus importants de l'Islam, l'ordre Chisti, basé en Inde, offre des soins phytothérapeutiques à des milliers d'adeptes, gratuitement.
L'ordre Tariqa Casnazaniyyah est célèbre pour transmettre à ses membres, lors de leur initiation, le pouvoir de s'infliger sans souffrances des lésions corporelles qui sont immédiatement suivies de ce que l'on a depuis appelé des « super réactions », en l’occurrence une guérison instantanée de ces plaies.
Depuis le milieu des années 1980, Jamal N. Hussein, docteur en physique de l'université de Bagdad, en Irak, s'efforce d'expliquer de manière scientifique les guérisons opérées par les Tariqa. Pour cela, Hussein a rendu visite au Cheikh Muhammad Al-Casnazani, maître actuel [rappel : nous sommes en 1997] de l'ordre Tariqa Casnazaniyyah et a obtenu son agrément pour soumettre plusieurs derviches de l'ordre à de rigoureux tests scientifiques en laboratoire. Le but avoué de l'expérience d'Hussein était de percer les secrets de ces pouvoirs paranormaux du guérison.
 

DES FINANCEMENTS INESPERES

 
Le Cheikh Al-Casnazani a même accepté de financer ces travaux, du moins d'en assurer un financement partiel le temps qu'Hussein obtienne un soutien matériel plus important.
C'est ainsi qu'ont été créés, à Amman, en Jordanie, les Paramann Programme Laboratories (PPL). À partir de 1988, une série de 50 expériences furent menées sur 28 membres de l'ordre. Les résultats de ces examens viennent seulement de parvenir en Occident.
À l'occasion de ces tests, les derviches ont fait passer des broches et des pointes à travers leurs joues, leur langue, la partie inférieure de leur bouche, le lobe de leurs oreilles, leur cou, leurs bras, leur thorax et leur abdomen. Il ont également fait pénétrer, à coups de marteau, des lames de poignards dans les parties latérales de leur crâne et juste sous les yeux. Ils ont mâché, puis avalé du verre et des lames de rasoirs, saisi des plats chauffés à blanc entre leurs mains et leurs dents, appliqué des torches brûlantes contre leur visage, leurs bras et leurs jambes pendant cinq à quinze secondes et, enfin, ont exposé leur langue aux morsures de serpents et de scorpions.
Dans chacun de ces cas, les chercheurs ont pu observer que les derviches ne ressentaient aucune douleur. Chaque lésion auto-infligée guérissait sans séquelles en quelques secondes. Le plus souvent, quelques gouttes de sang perlaient de manière fugace sur la lésion ; dans quelques cas, un mince filet de sang apparaissait, pour disparaître aussitôt. De plus, aucun phénomène infectieux ne put être relevé par les chercheurs, alors que les instruments utilisés n'avaient pas été stérilisés. Ces phénoménales guérisons instantanées furent désignées sous le terme de « super réactions ».
 

UNE MAITRISE PARFAITE

 
« Avant, pendant et après leurs actes, les derviches demeuraient totalement alertes et capables de répondre consciemment et rapidement à des stimulations externes dans le milieu ambiant », déclare Hussein. « Ils maîtrisaient parfaitement leur corps, leurs sens, leur conscience et ne manifestaient aucune perte de contrôle, aucune distorsion de la perception, ni aucun autre signe d'une modification du niveau normal de conscience. »
Des relevés effectués par électroencéphalogramme n'ont pas révélé d'écart significatif avec des valeurs de mesure normales, et en particulier en ce qui concerne l'augmentation de la présence d'ondes lentes chez les sujets.
Après plusieurs mois d'analyses poussées à l'extrême, les scientifiques des PPL durent reconnaître les faits. Ce mystérieux pouvoir d'auto-guérison, que les derviches eux-mêmes n'expliquent que par leur foi, pouvait être mesuré mais non élucidé. L'explication semble être liée à cette mystérieuse transmission de pouvoirs effectuée lors de l'initiation dans l'ordre de  Tariqa Casnazaniyyah.
Les cérémonies initiatiques soufies comportent traditionnellement une instruction religieuse et la récitation de versets coraniques. La transmission des pouvoirs d'autoguérison est elle assurée par un calife, personne faisant partie du petit nombre d'« adjoints du maître », soigneusement choisie et habilitée à former de nouveaux derviches. Afin de communiquer le pouvoir qu'il détient, il suffit que le calife applique sa main sur l'initié pendant trois minutes, un contact qui prend généralement la forme d'une simple poignée de mains.
Chose curieuse, les derviches sont incapables de se guérir eux-mêmes s'ils sont victimes d'une blessure provoquée par des circonstances extérieures. Les chercheurs ont également découvert qu'un petit nombre de sujets n'ayant pas fait l'objet d'une transmission de la part du calife sont néanmoins capables d'employer leurs pouvoirs curatifs sur les non-derviches, et ce même contre leur gré. Il s'agit là sans doute de sujets dotés d'une volonté particulièrement forte. Les scientifiques ont donné à cette faculté le nom de « transmission spontanée ».
Dans de rares cas, des non-derviches ayant reçu des pouvoirs paranormaux ont pu transmettre ces pouvoirs à d'autres non-derviches.
Les chercheurs de Paramann allaient conclure – malgré de nombreux écrits insistant sur le fait que ces pouvoirs devaient nécessairement provenir d'un état de conscience modifié, généré par le derviche lui-même – qu'il s'agissait alors non pas d'une « auto-guérison », mais de « guérison d'autrui ».
 

UN DON ACQUIS

 
D'autres observations ont permis de montrer que les derviches étaient capables de s'infliger ces lésions volontaires avec la même efficacité, qu'ils aient reçu leurs pouvoirs une minute ou vingt ans auparavant, qu'ils soient en bonne santé ou non, qu'ils croient ou non en la réalité de leurs pouvoirs et qu'ils ressentent ou non le besoin de réaliser ces actes. Il semble qu'aucun élément psychologique ou personnel, tel que la connaissance ou la compréhension du processus de guérison volontaire, la motivation, la croyance ou la nécessité, n'entre en ligne de compte dans l'accomplissement de leurs gestes.
Le fait qu'aucune modification cérébrale ne soit constatée chez les derviches au cours de leurs actes semble indiquer la présence d'une puissance extérieure. « Ce qui me fascine », dit Shetha Al-Dargazelli, docteur en physique et attaché à l'antenne anglaise des laboratoires Paramann, située à Durham, « c'est qu'il s'agit peut-être ici d'une sorte d'énergie curative intelligente, qualitativement différente de tout ce que la science a pu observer jusqu'à présent. »
La science moderne manifeste peu d'enthousiasme pour enquêter sur le type de phénomènes mis en évidence par les laboratoires Paramann. Les données disponibles sont en effet si troublantes qu'elles incitent à penser que l'étude de tels phénomènes paranormaux manque totalement de bases conceptuelles. Aussi, à travers des articles spécialisés et des communications médiatiques, les chercheurs de Paramann, à Durham comme à Amman, commencent à bâtir les bases théoriques de ce concept.
Le fait d'isoler, puis de maîtriser les secrets de ces derviches soufis, pourrait doter l'Humanité de pouvoirs immenses, et peut-être inquiétants. Or l'objectif des chercheurs du programme PPL est bien de rendre universel ce don de guérison.
 

UN OBJECTIF INTERNATIONAL

 
Selon Louay J. Fatoohi, diplômé de physique de l'université de Durham et proche collaborateur de Jamal Hussein, « avant de commencer à maîtriser ces facultés et de les utiliser à des fins médicales, il est indispensable d'en comprendre les mécanismes ».
En revanche, pour Jamal Hussein et son équipe, l'inclination des scientifiques occidentaux à systématiquement vouloir trouver des explications rationnelles à ces phénomènes – et à défaut à refuser d'en reconnaître l'existence – rend très difficile la diffusion de ces pouvoirs au plus grand nombre. Le climat politique régnant actuellement au Moyen-Orient ne facilite pas leur tâche.
Les derviches du  Tariqa Casnazaniyyah ont déjà été au centre de nombreuses conférences dirigées par Jamal Hussein, abordant également d'autres thèmes connexes mieux appréhendés tels que les applications médicales du yoga en Inde, la médecine alternative au Brésil ou en Russie, ainsi que divers cas d'autoguérison et de méthodes curatives non-conventionnelles en Irak.
Jamal Hussein, depuis Amman, tente aujourd'hui de mettre sur pied un forum international qui permettrait, enfin, de présenter un monde occidental ces cas de lésions corporelles indolores à guérison instantanée. Avec d'autres scientifiques, il tente notamment d'instituer un conseil international de la recherche ayant pour mission d'effectuer des expérimentations plus larges sur ces phénomènes.
Le rêve caché d'Hussein serait que l'on puisse tout simplement admettre que la décision de transmettre au monde ces pouvoirs d'autoguérison aurait été prise par Dieu, il y a 150 ans, au sommet d'une montagne du Kurdistan. Jusque là, le « secret que nul ne connaît », confié par une main divine au Cheikh Abdul Karim, puis transmis de maître soufi en maître soufi, reste un véritable mystère pour la Science, mais aussi un énorme espoir pour l'Humanité.
 
La cérémonie malaysienne du Kaavadi implique l'introduction dans le corps de 108 aiguilles, alors que le sujet se trouve en état de transe. Lorsque les aiguilles sont enlevées, aucune trace de sang ni de lésion n'est visible.
 
 
« L'autoguérison des lésions graves, infligées lors de séances de mutilation volontaire, ne relève pas de la capacité de cicatrisation du corps humain dans des circonstances normales. »
Laboratoire de recherches Paramann
 
 

Point de vue

Des théories opposées

Pour la plupart des chercheurs occidentaux, les phénomènes liés à la guérison de blessures volontaires, lorsque ces agissements ne sont pas truqués, sont générés de l'intérieur et constituent des exemples d'autoguérison. Cette position résulte du fait que la science occidentale reconnaît l'existence d'un facteur psychosomatique dans toute maladie. L'attitude, la suggestion, l'imagerie et le placebo jouent en effet un rôle vital reconnu, bien que mal compris, dans le processus de guérison.
En revanche, la notion de transmission d'une énergie curative à autrui est très mal acceptée par la science occidentale. Si l'idée d'autoguérison est admise depuis peu, celle d'une guérison extérieure, avec sa connotation paranormale, fût-elle d'origine uniquement religieuse ou mystique, est elle loin de l'être.
 
 

Analyse

Des ondes peu significatives

De nombreux chercheurs pensent que l'étude des ondes cérébrales n'est désormais plus qu'un moyen primaire d'étudier le cerveau. Cela s'est notamment vérifié au cours de tests sur des sujets pratiquant des lésions corporelles volontaires : l'électroencéphalogramme obtenu pouvait varier du tout au tout. « L'électroencéphalogramme des ondes cérébrales de soufis réalisé en laboratoire, à Amman, en Jordanie, ne présentait aucune anomalie par rapport au rythme alpha standard. 
En revanche, celui d'un sujet qui, au cours des années 70, devant des chercheurs de l'université de Tübingen, en Allemagne, s'était perforé la langue, le cou et l'abdomen de pointes non stérilisées, a présenté durant l'exercice un encéphalogramme totalement différent, avec émission d'une majorité d'ondes theta.
 
 
« Pensons par exemple aux opportunités offertes aux pompiers ! Mais redoutons la mise à disposition de tels pouvoirs aux soldats et à ses conséquences sur l'ambition des chefs militaires. »
Dr Daniel J. Benir, psychiatre
 
 

Complément d'enquête

Des pouvoirs surhumains

Les derviches soufis ne sont pas les seuls à posséder des pouvoirs surhumains :
- Des chercheurs ont observé le Néerlandais Jack Schwarz se passer à travers les bras, sans sourciller, des aiguilles servant à coudre des voiles de bateau, longues de 20 cm. Lorsqu'il ôta les aiguilles, il n'y avait pas de sang et les lésions se sont totalement refermées. Schwarz est capable de modifier consciemment le rythme de ses ondes cérébrales. Il peut tenir une cigarette allumée contre se peau sans se brûler et tenir des braises dans ses mains.
- L'Ukrainien Valeri Lavrimenko peut ralentir ou accélérer son rythme cardiaque, produire suffisamment d'électricité dans son corps pour trouer et brûler une feuille de papier mise au contact de son corps. Il résiste à des décharges électriques de 80000 volts, peut rester sous l'eau pendant 7 mn et tirer un wagon de chemin de fer pesant 40 tonnes à l'aide de fils d'acier passés à travers ses bras.
 
 

Complément d'enquête

Les charbons ardents

Les sceptiques prétendent que marcher pieds nus sur des braises n'a rien d'extraordinaire. À 700°C, la demi-seconde pendant laquelle le pied touche le charbon ne suffit pas à transmettre une chaleur significative.
Les scientifiques des Paramann Programme Laoratories ont examiné ce phénomène, même si fouler un tapis de braises n'entre pas dans le champ d'immunité des soufis. Ils ont conclu que cette faculté était transmissible, mais pas contrôlable. Ceux qui la possèdent peuvent la perdre subitement et se brûler grièvement. D'autres sujets, incapables de marcher sur des braises, acquièrent soudainement ce pouvoir.
Les scientifiques du PPL restent convaincus que la possibilité de marcher sur des charbons ardents ne s'explique pas uniquement par la faible conductivité de la chaleur.
 
« Une ère nouvelle de la médecine pourrait bien s'ouvrir et, en conséquence, apporter une amélioration sans précédent au bien-être de l'Humanité. »
Louay J. Fatoohi, université de Durham
 
Facteur X n°4
1997
b2ap3_thumbnail_facteur-x_20130118-201515_1.jpg
Développement spirituel
Une épicerie coopérative, culturelle et solidaire ...
 

Commentaires

Donnez votre avis
déjà membre vous connecter
Invité
mercredi 14 novembre 2018

Image Captcha