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Les couleurs et leur histoire : le rouge

Les couleurs et leur histoire : le rouge

Passion amoureuse et souffrance, religion et satanisme, une couleur placée sous le signe de la dualité.

Couleur d'entre les couleurs, le rouge est assurément celle qui se remarque le plus : chaude, vive, pleine de nuances, c'est la seule couleur digne de ce nom à l'Antiquité. Et de nos jours, le vocabulaire est encore empreint de sa domination ; ainsi, en russe, le terme krasnoï signifie "rouge", mais aussi "beau". Mieux que cela, en espagnol, colorado désigne à la fois "rouge" et "couleur".

On comprend donc aisément que la symbolique du rouge soit aussi chargée et souvent pleine de dualité.

 

Une popularité très tôt acquise

Bien que peu présent dans la nature, le rouge doit en partie sa suprématie dans les couleurs au fait que les pigments utilisés pour sa fabrication ont été maîtrisés dès la Préhistoire, tout comme le blanc. Vers -35 000 ans, les peintures rupestres du Paléolithique arborent le rouge, issu de la terre colorée ocre-rouge. La période suivante - le Néolithique - exploite la garance (une plante répandue sur tous les continents) et ses racines pour apporter des nuances de rouge. Enfin, l'Antiquité découvre la chimie du rouge obtenu avec l'oxyde de fer principalement ; le grand empire romain ajoute encore des possibilités de variations avec des coquillages ou des oeufs de cochenilles.

Les pigments ainsi multipliés, teinturiers, peintres et vitraillistes contribuent alors au succès de cette couleur.

 

Le rouge comme symbole de pouvoir

Couleur du sang et du feu, le rouge s'impose rapidement comme la couleur des vainqueurs, maculés du sang de leurs adversaires. Ainsi, le dieu Mars déjà, était souvent représenté habillé de rouge, et naturellement, ce fut aussi la couleur adoptée par l'armée romaine.

Couleur du sang, toujours, celui versé par le Christ cette fois, la religion s'empare du rouge comme couleur symbolique et au Moyen-Âge, papes et cardinaux sont alors vêtus de rouge.

La Réformation protestante seule ôtera un peu de sa superbe à cette couleur, privilégiant le bleu. Mais très vite le rouge reprendra sa place en tête de popularité.

Plus tard, les peintres David (avec son célèbre Sacre de Napoléon) ou Ingres nous représentent les personnages du pouvoir avec des attributs ou vêtements d'un rouge flamboyant.

Et de nos jours, le pouvoir allant de pair avec l'ordre et la défense, on trouve encore des traces de la suprématie du rouge : nos panneaux de circulation où les interdictions sont signalées par le rouge, le téléphone rouge des chefs d'Etat, le carton rouge dans le sport...

Et, plus flagrant encore, le drapeau rouge du communisme, la rose rouge du socialisme, le drapeau sur fond rouge du national-socialisme allemand.

 

La dualité du rouge

Si le rouge évoque le feu de la vie, il est aussi la couleur de la chair souillée, des flammes de l'Enfer ou la couleur du pêché ; et cette facette de la couleur ne lui enlève en rien de sa force symbolique.

  • Adam et Eve croquent la pomme... rouge,
  • Le linceul blanc de jésus est maculé de... rouge,
  • Satan est lui aussi vêtu de rouge,
  • La femme accouche dans la douleur et dans le sang... rouge (d'où la couleur traditionnelle de la robe de mariée jusqu'à la fin du XVIIe siècle.
  • Les drapeaux des différentes révolutions en Occident qui portent le rouge de leur martyrs...
On ne s'étonnera pas, donc, que la fillette du Petit Chaperon soit habillée de rouge, ou que la pomme croquée par Blanche-Neige soit elle aussi rouge...
 

La passion dans tous ses états

Couleur du sang, de la vie donc, et couleur pleine d'ambivalence, elle est celle d'entre toutes qui symbolise le mieux la passion et le transport amoureux : fulgurant, vainqueur, interdit, donnant la vie, l'Occident depuis son origine a adopté dans les consciences collective le rouge comme symbole de l'amour. Qui d'entre nous peut se targuer de n'avoir jamais offert une rose rouge à un être aimé, ou dessiné un coeur rouge ?

On notera encore le rouge de la fête (Noël en tête), où l'amour de son prochain est mis en avant, la couleur rouge omniprésente dans le spectacle (où les rideaux de scène, les sièges des spectateurs, les programmes sont bien souvent de couleur rouge).

Et enfin, notre langage, porteur de notre inconscient, reflète l'histoire, les paradoxes et les contradictions de cette couleur et la mettent en avant dans notre vie de tous les jours : "rouge de colère", "voir rouge", "rougir de honte", "être dans le rouge", "manger du pain rouge"...

 

Livre conseillé sur les couleurs

Le petit livre des couleurs, Michel Pastoureau et Dominique Simonnet, Point Poche.

 

Texte trouvé originellement sur le site suite101, actuellement fermé.

 

Codex de Nag Hammadi : Second traité du grand Seth
Ouroboros, la Tradition Secrète (partie 19)

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lundi 19 novembre 2018

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