• A la mémoire des perceptions et des expériences ..

12 minutes de lecture (2351 mots)

La prophétie des Andes : l'énergie et les enfants, les relations amoureuses

La prophétie des Andes : l'énergie et les enfants, les relations amoureuses

 

Parlez-nous de la huitième révélation.

- La huitième révélation explique comment utiliser l'énergie d'une manière nouvelle dans sa relation avec les autres, mais elle commence par le commencement, avec les enfants.

- Comment faut-il les considérer ?

- Comme ce qu'ils sont vraiment, comme le commencement d'une évolution. Mais, pour apprendre à évoluer, ils ont besoin de notre énergie en permanence, et de manière inconditionnelle. Le pire qu'on puisse leur faire, c'est de prendre leur énergie en voulant les corriger. C'est ce qui engendre les mécanismes de domination, comme vous le savez déjà. Cela peut être évité si l'adulte donne à l'enfant tout l'énergie dont il a besoin, quelle que soit la situation. C'est pourquoi les enfants doivent toujours être inclus dans nos conversations, surtout celles qui les concernent. Et il ne faut pas vouloir s'occuper de plus d'enfants qu'on ne peut.

- Le Manuscrit dit tout cela ?

- Oui, et la question du nombre est fortement soulignée. »

J'étais surpris. « Pourquoi le nombre est-il si important ? »

Elle me jeta un bref coup d’œil en conduisant :

« Parce qu'un seul adulte ne peut accorder son attention à plus d'un enfant à la fois. S'il y a trop d'enfants les adultes sont débordés et ne peuvent pas donner assez d'énergie. Les enfants se battent alors pour prendre l'énergie des adultes.

- Ce n'est pas une rivalité très grave...

- Le Manuscrit assure que ce problème est plus sérieux qu'on ne le croit. Les adultes voient souvent d'un bon œil les familles avec une multitude d'enfants grandissant ensemble. Mais les enfants doivent apprendre le onde de la bouche des adultes, pas de leurs homologues. Dans de trop nombreuses sociétés, les enfants forment des bandes. Selon le Manuscrit, les hommes vont apprendre progressivement à ne pas mettre au monde un enfant s'il n'y a pas en permanence au moins un adulte pour s'occuper de lui.

- Attendez ! la coupai-je. Dans bien des cas, les deux parents doivent travailler pour survivre. Est-ce que cela leur interdit d'avoir des enfants ?

- Pas nécessairement. Le Manuscrit signale que les hommes apprendront à étendre leur famille au-delà des liens de sang. De sorte qu'il y ait toujours quelqu'un qui puisse porter aux enfants une attention personnelle. Les parents ne sont pas les seuls capables de fournir de l'énergie. Il est même préférable que cela ne soit pas le cas. Quoi qu'il en soit, si l'on aime un enfant il faut lui apporter cette attention.

- Eh bien, vous avez réussi. Mareta paraît bien mûre pour son âge. »

Karla fronça les sourcils et dit :

«  Ne me le dites pas à moi, mais à elle.

- Oh, pardon. Tu te conduis comme une grande, Mareta. »

Elle détourna les yeux timidement, puis murmura :

« Merci. »

Karla l'embrassa, et me regarda fièrement.

« Depuis deux ans, j'ai essayé de lui donner de l'énergie et de lui dire toujours la vérité dans un langage qu'elle pouvait comprendre. Lorsqu'elle posait les questions d'une jeune enfant, je la prenais au sérieux, évitant la tentation de lui donner une réponse légère sans autre but que d'amuser les adultes. »

Je souris.

« Vous pensez à des choses comme "les cigognes apportent les enfants" ?

- Oui, mais ces images populaires ne sont pas si mauvaises. Les enfants les comprennent vite parce qu'elles sont toujours les mêmes. Cela vaut mieux que ce que les adultes inventent quand ils veulent s'amuser, ou quand ils croient que la vérité est trop compliquée pour un enfant. Ce qui n'est pas le cas, on peut toujours dire la vérité à un enfant. Ça demande seulement un peu de réflexion.

- Qu'en dit le Manuscrit ?

- Que nous devons toujours chercher un moyen de dire la vérité aux enfants. »

Une partie de moi-même n'approuvait pas. J'adorais plaisanter avec les enfants.

« Mais les gosses comprennent que les adultes aiment aussi jouer, non ? J'ai peur que vos conseils ne les fassent grandir trop vite et ne les privent des joies de l'enfance. »

Elle me considéra avec sévérité.

« Mareta est pleine de joie. Nous jouons à cache-cache, nous jouons à inventer des situations imaginaires, à tous les jeux de son âge ! Mais quand c'est imaginaire, elle le sait. »

J'approuvai. Elle avait raison.

« Mareta est bien dans sa peau, reprit Karla, parce que j'étais présente et que je lui ai donné toute mon attention quand elle en avait besoin. Lorsque je ne pouvais m'occuper d'elle, ma sœur, qui est ma voisine, était là. Il y avait toujours un adulte pour répondre à ses questions, et grâce à cette attention, elle n'a jamais éprouvé le besoin de jouer un rôle ou de se vanter. Elle a toujours eu assez d'énergie, et n'imagine pas qu'elle puisse en manquer. Ce qui lui facilitera la transition quand il lui faudra recevoir son énergie de l'univers et non plus des adultes. »

« Puis-je m'asseoir un instant près de vous ? dit alors Karla, dont je n'avais pas remarqué la présence près du canapé.

- Bien sûr. »

Elle me considéra avec amitié.

« Je ne l'ai pas fait exprès, mais j'ai entendu votre conversation. Avant de vous décider, je crois que vous devriez savoir ce que le Manuscrit dit des relations amoureuses.

- Oui, j'aimerais bien le savoir.

- Lorsqu'on a éclairci son passé, et que l'on a commencé son évolution, on peut être interrompu dans le processus, n'importe quand, par une passion amoureuse.

- Vous pensez à Marjorie et moi ?

- Laissez-moi vous expliquer comment ça se passe, vous jugerez ensuite par vous-même.

- D'accord.

- D'abord, je dois vous dire que ce passage de la huitième révélation m'a causé beaucoup de difficultés. Je ne l'aurais jamais compris si je n'avais pas rencontré le professeur Reneau.

- Reneau ? m'exclamai-je. Je le connais. Je l'ai rencontré au moment où je découvrais la quatrième révélation.

- Eh bien, nous nous sommes connus alors que nous en étions tous les deux à la huitième. Il a habité chez moi plusieurs jours. »

Je fis un signe de tête, l'air stupéfait.

« Il m'a expliqué l'origine des luttes de pouvoir qui surgissent dans les relations amoureuses. Nous nous demandons souvent pourquoi cesse le sentiment d'euphorie et d'amour fou et pourquoi des conflits apparaissent à la place ; eh bien, cela est lié aux flux d'énergie qui circulent entre les deux personnes concernées.

« Lorsque l'amour naît, les deux individus se donnent de l'énergie sans le savoir, et tous deux se sentent forts et joyeux. C'est le sentiment extraordinairement intense qu'on appelle l'amour. Malheureusement, quand une personne attend que ce sentiment lui vienne d'une autre, elle se coupe totalement de l'énergie de l'univers et s'en remet de plus en plus à l'énergie qui lui vient de l'autre personne. Mais bientôt, il n'y a plus assez d'énergie à partager, aussi retombent-ils l'un et l'autre dans leurs mécanismes de domination pour essayer de prendre à l'autre l'énergie restante. À ce stade, la lutte pour le pouvoir est inévitable. »

Elle hésita un instant comme pour vérifier si je comprenais bien, et ajouta :

«  Reneau pense que le problème trouve son origine dans notre enfance. À cause de la lutte pour l'énergie, nous n'avons pas achevé un important processus psychologique : nous n'avons pas réussi à intégrer notre sexe opposé.

- Notre quoi ?

- Moi, je n'ai pas pu intégrer mon côté mâle. Vous, c'est votre côté femelle. Si nous tombons amoureux d'une personne du sexe opposé, c'est qu'il nous faut encore accéder par nous-mêmes à cette énergie sexuelle opposée. Vous voyez, l'énergie mystique que nous pouvons capter intérieurement est à la fois mâle et femelle. Nous pouvons nous ouvrir à elle, mais, au début de notre évolution consciente, nous devons être prudents. Le processus d'intégration est lent. Si nous nous relions prématurément à une source d'énergie mâle ou femelle, nous bloquons la source universelle. »

Je lui avouai que je ne comprenais pas.

« Essayez d'imaginer comment cette intégration se passe dans la famille idéale, expliqua-t-elle. Vous comprendrez plus facilement. Dans toute famille, l'enfant doit d'abord recevoir toute l'énergie que lui apportent les adultes. Normalement, il assimile facilement l'énergie que lui donne le parent du même sexe, mais celle qui vient de l'autre parent est plus difficile à assimiler.

« Prenez l'exemple d'une fille. Tout ce que la petite fille sait quand elle cherche à intégrer son côté mâle est qu'elle est très fortement attirée par son père. Elle voudrait l'avoir à elle tout le temps. Le Manuscrit explique que ce qu'elle veut réellement s'approprier, c'est l'énergie mâle parce que cette énergie complète son côté féminin. Cette énergie mâle lui procure un sentiment de plénitude et d'euphorie. Mais elle croit à tort que le seul moyen d'y arriver est de posséder sexuellement son père et de le garder tout près d'elle.

« Curieusement, parce qu'elle devine que cette énergie lui revient, et qu'elle devrait pourvoir se la procurer selon sa propre volonté, elle veut contrôler son père, comme s'il était une partie d'elle-même. Elle le croit parfait, tout-puissant, capable de satisfaire tous ses caprices. Dans une famille non idéale, cela crée un conflit entre le père et la fille. Les mécanismes de domination se forment quand la fille cherche à manipuler son père pour lui prendre de l'énergie.

« Mais, dans la famille idéale, le père refuse la compétition. Il se comporte honnêtement, et donne assez d'énergie à sa fille, sans condition, même s'il ne parvient pas à remplir tous ses désirs. Ce qui compte, dans mon exemple, c'est que le père reste ouvert et communicatif. Sa fille le croit tout-puissant, mais, s'il lui explique avec sincérité qui il est, ce qu'il fait, pourquoi il le fait, etc..., elle pourra intégrer ses capacités, son style, et finira par avoir une vision réaliste de son père. Elle le considérera comme un être humain ordinaire, avec ses talents et ses faiblesses. Si les choses se passent ainsi, l'enfant parviendra sans problème à troquer l'énergie reçue de son père contre celle disponible dans l'ensemble de l'univers.

« Le problème c'est que la plupart des parents, jusqu'à présent, luttent contre leurs propres enfants pour obtenir de l'énergie, et que cela nous laisse des séquelles. À cause de cette concurrence, nous n'avons pas pu résoudre le problème de la dualité sexuelle. Nous sommes restés bloqués au stade où nous recherchons l'énergie du sexe opposé dans une personne mâle ou femelle, que nous supposons idéale, toute-puissante, et que nous pensons pouvoir posséder. Vous me suivez ?

- Oui, je crois.

- Selon la huitième révélation, dès que nous commençons à évoluer nous recevons automatiquement l'énergie du sexe opposé. Elle vient de l'ensemble de l'univers. Mais nous devons être prudents, car, si une personne vient à nous offrir cette énergie, nous pouvons nous couper de la source véritable. Alors nous régressons. »

Elle rit un peu.

« Pourquoi riez-vous ?

- À cause d'une analogie de Reneau. Selon lui, jusqu'à ce que nous apprenions à éviter cette situation, nous sommes comme une moitié de cercle. Nous ressemblons à la lettre C. Nous nous montrons très sensibles à une personne du sexe opposé, à un autre cercle incomplet, nous voulons qu'elle se joigne à notre cercle pour le compléter et nous donne l'euphorie et l'énergie que produit une liaison pleine avec l'univers. En réalité, nous n'avons rien fait d'autre que nous relier à une personne qui cherche elle aussi à compléter son cercle.

« Selon Reneau cette dépendance réciproque contient en germe des problèmes qui surgissent immédiatement. »

Elle hésita, s'attendant à ma voir réagir. Je me contentai d'acquiescer.

« Voyez-vous, le problème avec cette personne entière, cette lettre O que chacun des deux croit avoir atteinte, c'est qu'il a fallu deux personnes pour n'en faire qu'une, l'une apportant l'énergie mâle et l'autre l'énergie femelle. Cette personne nouvelle a deux egos. Chacun des deux veut diriger la nouvelle personne entière qu'ils ont créée, et ainsi, comme dans leur enfance, ils veulent diriger l'autre comme si cet autre était eux-mêmes. Cette illusion d'une personne entière disparaît très vite dans une lutte de pouvoir. Chaque personne finit par sans cesse réfuter l'autre de façon à pouvoir en prendre le contrôle. Mais ça ne marche pas. Ça ne marche plus. Autrefois, peut-être, l'un des deux partenaires acceptait, ou même recherchait, la domination de l'autre, souvent la femme, parfois, plus rarement, l'homme. Mais aujourd'hui, nous nous réveillons. Personne ne veut plus être dominé. »

Je repensai à la scène à laquelle Charlène et moi avions assisté au restaurant.

« C'est la fin de l'amour, dis-je.

- Non, nous pouvons continuer d'aimer, répondit Karla, mais il nous faut d'abord achever le cercle tout seuls. Nous devons stabiliser notre liaison avec l'univers. Cela prend du temps, mais nous ne sommes plus ensuite exposés à ce problème, et nous pouvons connaître ce que le Manuscrit appelle une relation plus élevée. Si nous communions dans l'amour avec une autre personne après cela, nous créons une super-personne, un être supérieur... Et cette relation-là ne nous détourne pas de la voie à suivre.

- Vous pensez que Marjorie et moi nous détournons en ce moment de la voie à suivre ?

- Oui.

- Mais comment éviter cela ?

- En résistant au coup de foudre, au moins au début, en apprenant à entretenir des relations platoniques avec l'autre sexe. Et seulement avec des personnes qui se découvrent totalement, qui vous disent comment et pourquoi elles font ce qu'elles font, exactement comme cela aurait dû se passer entre enfants et parents durant une enfance idéale. En comprenant qui sont vraiment ces amis du sexe opposé, on se débarrasse de ses fantasmes sur l'autre sexe, et cela permet de se relier à l'univers.

b2ap3_thumbnail_harmonie_thumb.jpg

« Souvenez-vous, aussi, continua-t-elle, que ce n'est pas facile, surtout si l'on doit mettre fin à une dépendance amoureuse. Il faut extraire son énergie d'un seul coup. Ça fait mal.mais c'est nécessaire. La dépendance amoureuse n'est pas une nouvelle maladie qui atteindrait certains d'entre nous, nous sommes tous dépendants de celui ou de celle que nous aimons et nous sommes en train de guérir.

« Ce qu'il faut, c'est commencer à ressentir cette euphorie, ce bien-être qu'on éprouve au début d'une relation amoureuse, dans la solitude. Il faut arriver à ressentir l'autre au-dedans de soi. Ensuite seulement, on peut découvrir la relation amoureuse qui nous convient réellement. »

 Extrait du livre La Prophétie des Andes, de James Redfield

Les Héritiers de la terre
Canaliser l'énergie de guérison, avec l'archange R...

Articles en Relation

 

Commentaires

Donnez votre avis
déjà membre vous connecter
Invité
mardi 13 novembre 2018

Image Captcha