• A la mémoire des perceptions et des expériences ..

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La dictature du "On": je pense ou bien on me pense?

La dictature du "On":  je pense ou bien on me pense?
"Le "On" qui n'est personne de déterminé et qui est tout le monde, bien qu'il ne soit pas la somme de tous, prescrit à la réalité quotidienne son mode d'être. » Le "On" se mêle de tout, mais en réussissant toujours à se dérober lorsqu’il est acculé à quelque décision : il retire au « moi » toute responsabilité concrète. Le "On" ne court aucun risque à permettre qu'en toute circonstance on ait recours à lui. Il peut aisément porter n'importe quelle responsabilité, puisque à travers lui personne jamais ne peut être interpellé. On peut toujours dire : on l'a voulu, mais on dira aussi bien que "personne" n'a rien voulu.» (Heidegger, L’être et le temps)

Un commentaire de ce texte sur le site de C. Kouadiou (sosphilosophie) : 

La vie sociale, c'est la vie stéréotypée. Il est bien vu de se comporter comme les autres. Les études sur la dynamique des groupes montrent que tout groupe institue des règles que chacun est tenu de respecter et toute originalité aura pour sanction une marginalisation. Or, qu'est-ce qu'être soi-même ? Est-ce faire comme les autres, se plier au comportement du groupe ? Où est-ce assumer sa singularité, son authenticité ? Être soi-même, c'est bien sûr assumer son originalité. On peut alors penser que le groupe étouffe notre moi le plus authentique. C'est ce que pense Heidegger en analysant ce qu'il appelle "la dictature du On". La rencontre des autres ne suppose pas la distinction entre un sujet séparé des autres sujets. L'existence quotidienne implique que l'homme soit pris, absorbé par son mode. Il est sous l'emprise du "On" c'est à dire que le fait d'être ensemble crée une situation d'indifférence, d'indistinction où se perd ce que chaque être a d'authentique et de particulier. Il s'établit "la dictature du On". Le "On" n'est pas "nous". Dire "nous", c'est parler d'une pluralité de mois bien distincts. Le "On" renvoie, au contraire, à une vague collectivité indistincte. C'est la norme moyenne à laquelle se soumettent les comportements et qui aboutit au nivellement général. Par souci conformiste du " Qu'en dira-t-on ", on ne se situe plus comme égal ou supérieur à autrui d'après ce que soi est authentiquement, mais d'après le jugement de l'opinion publique. Le "je" est déchargé de toute responsabilité. "On" juge pour lui. Chacun se réfugie dans l'anonymat du "On". Or ce "On" n'est personne. Il n'est ni celui-ci, ni celui-là, ni quelqu'un, ni la somme de tous. En somme, ce que dit Heidegger, c'est que nous vivons dans une dépendance quasi totale à l'égard des autres et qu'il n'y a pas de tyrannie plus lourde que cette tyrannie sans tyran. Il est vrai qu'il est tellement plus facile de s'y plier que d'être soi. Elle retire à chacun toute responsabilité car là où tout le monde est responsable, personne ne l'est plus. Le "On" est sans visage.  

Le principal fléau de l'humanité ..
Libre servitude
 

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Invité
mardi 20 novembre 2018

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