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Histoires de la Chandeleur et des Crêpes

Histoires de la Chandeleur et des Crêpes

Histoire de La Chandeleur

Le mot Chandeleur découle de l’expression latine « Festa candelarum » qui peut-être traduite en « fête des chandelles ».
La fête de la Chandeleur est donc liée à la lumière, à la purification à la fécondité et à la prospérité thèmes récurrents dans les anciennes croyances populaires de différents peuples.

* Ce sont les Celtes qui les premiers, vers le 1er février, instituèrent la fête de la purification de l’eau afin que, vers la fin de l’hiver, on puisse s’assurer de la fécondité et de fertilité des êtres et de la terre. Ils avaient nommé cette fête : « La fête d’Imbolc » qu’ils commémoraient la nuit, éclairés par des torches, en formant de grandes processions.
Les Celtes seraient donc à l’origine de l’association de la lumière ici des torches, à la fête qui deviendra bien plus tard, la chandeleur

* Chez les Romains, on fêtait du 13 au 15 février, le Dieu de la fécondité et de la protection des troupeaux « Lupercus » connu aussi sous le nom de « Faunus ». Ces jours de liesse, où on mettait à l’honneur la fertilité et la fécondité, s’appelaient les Lupercales. Déjà, on avait remarqué qu’à cette époque de l’année débutait la saison des amours chez les oiseaux. Ce qui semble expliquer pourquoi il n’est pas étrange que la Saint Valentin, fête des amoureux, fut fixée le 14 février.

* Pour les Hébreux, cette fête était prédéfinie par la loi de Moïse qui imposait que soient présentés au temple, la mère et son enfant, 40 jours après la naissance de ce dernier.
Cette fête de la présentation de l’enfant devint la fête de la lumière lorsque Jésus fils de Marie, né le 25 décembre, considéré par les rois Mages comme la lumière venant éclairer l’obscurité du monde, fut présenté au temple vers le 2 février du calendrier julien.

* Puis arriva comme toujours en matière de récupération de prestiges, la toute nouvelle Eglise de Rome, qui avait décidé de balayer d’un revers de main tous les usages ancestraux et coutumes païennes pour les remplacer par des fêtes religieuses catholiques.
Pourquoi se gêner !
Ce fut donc, à la fin du 5ème siècle, en 494 que le pape Gélase Ier qui, délaissant les fêtes celtiques d’Imbolc et celles des lupercales romaines, décida que seule à la date du 2 février du calendrier Julien, serait fêté le rite hébraïque de la lumière de la manière qu’on la pratiquait en occident, c’est à dire, en portant des torches en procession.
Le bon peuple eut vite fait, en voyant qu’on remplaçait les torches par des chandelles lorsque les processions entraient dans l’église, d’appeler cette fête, la fête des chandelles (Festa candelarum). D’autant que pour tenir ses ouailles sous sa coupe l’Eglise de Rome eut vite fait de bénir toutes ces chandelles en leur attribuant des vertus de bons augures, telles que celles de repousser la diable, de protéger la maison et la famille, de réussir les semailles pour une belle récolte l’été suivant etc. Chacun se devait donc d’avoir en son foyer une chandelle bénie en ce jour de fête.

* Il fallait bien à tous ces bienfaits de la chandeleur trouver un symbole !
Justement, on avait là sous la main, en ce début de 6ème siècle, le restant de froment provenant du battage de la dernière moisson et, comme il fallait faire de la place pour engranger celui qui proviendra à la prochaine récolte dans quelques mois, il serait bien d’employer ce restant à cette occasion. En plus, en ce début de février, on avait les premières pontes généreuses de beaux et bons œufs qu’il fallait bien consommer !
Qui eut l’idée de faire avec ce froment moulu en farine, avec de l’eau et avec des œufs, une fine galette de couleur dorée, ressemblant au soleil tant espéré et que les Celtes, les Romains, et bien d’autres peuples, vénéraient ?
Mystère !
Mais une chose était certaine, la crêpe venait de naître !

 

Histoire de la Crêpe

On faisait depuis fort longtemps (7000 ans avant J.C.) avec des céréales broyées et de l’eau, une pâte assez épaisse qu’on cuisait sur une large pierre fortement chauffée au dessus d’un feu. Il en résultait une galette de forme circulaire très irrégulière, assez épaisse et de couleur grisâtre. Bien que certains historiens aient vu, à tort, en cette galette, le pain primitif, l’utilisation qu’en faisaient alors ceux qui les confectionnaient, donne à penser qu’ils utilisaient cette galette plus comme une assiette pour y déposer les aliments, et comme une cuillère pour prendre les aliments dans le plat commun et les porter à la bouche en mangeant le tout, plutôt que comme le pain pour « saucer » et essuyer.

Bref, il est reconnu que c’est l’apparition du blé tendre, connu aussi sous le nom de froment, que nous fait connaître Théophraste vers 341 avant J.C. dans le livre VII de son « Histoire des plantes » et la farine qu’on en obtient, qui va transformer ces galettes rustiques de céréales, en crêpes.
Crêpes encore rustiques puisque leur pâte est faite de farine et d’eau !

A partir de là, peu à peu, au fil du temps, mais surtout du 12ème siècle jusqu’au 14ème siècle, ces crêpes rustiques vont s’enrichir de l’apport d’œufs dans leur pâte. Puis l’eau sera remplacée peu à peu par le lait. Puis encore on y fera à la pâte des ajouts, d’huile d’olive, de crème de lait, de bière et beurre et de bien d’autres choses.

Les manuscrits culinaires médiévaux tels que « Le Ménagier de Paris » écrit entre 1392 et 1394, ou « Le Viandier » de Guillaume Tirel, écrit vers 1381, qui se trouve dans la Bibliothèque du Vatican, nous enseignent que ce fut à cette époque que la pâte des crêpes atteignit sa composition de base et son aspect que nous lui connaissons aujourd’hui.

On ne peut pas parler de crêpes, sans penser à la Bretagne !
Mais alors là, attention ! Il ne faut pas faire le sacrilège de confondre crêpes et galettes !
D’abord, tordons le coup aux idées toutes faites :
Bien que le sarrasin et aussi appelé blé noir, la graine qui en produit la farine n’est ni une céréale, ni une graminée. C’est une Polygonacée de la même famille que la rhubarbe par exemple.
Ce sont les Croisés qui ont, en rentrant de croisades, introduit la connaissance d’une farine obtenue avec la graine d’une plante connu par les orientaux depuis fort longtemps.
Ils nommèrent cette graine « sarrasin ». Ce nom vient du latin « sarraceni », lui-même venant de l'arabe « charqîyîn » signifiant « orientaux ».
Le sarrasin fut plus tard introduit par les échanges maritimes, en Bretagne puis en Normandie, puis il fut cultivé dans ces deux contrées dans la seconde moitié du 15ème siècle, donc bien après les croisades en Terre Sainte. Le sarrasin sera aussi à cette époque appelé « Le Blé de Turquie » d’où la confusion dans l’esprit des gens qui crurent que le sarrasin était une graminée comme le blé.

En général, en Bretagne, la crêpe qu’elle soit à base de farine de froment ou de farine de sarrasin est nommée « krampouezhenn ».
La crêpe faite avec une pâte venant du mélange de farine de froment, de lait d’œufs est appelée « Bieud gwinizh ». Elle est souvent sucrée.
La crêpe faite avec une pâte venant du mélange de 70% de farine de sarrasin (appelé aussi blé noir), de 30% de farine de froment, de lait et d’œufs est appelée « Blud ed-du ». Elle se mange salée.
La galette au blé noir ou sarrasin est quand à elle faite avec une pâte venant du mélange de 100% de farine de sarrasin, de l’eau et de sel. (Pas de lait, pas d’œufs).

Voilà ! Vous en savez autant que moi sur l’histoire de la chandeleur et de la crêpe.

(JR.). © « Atelier Sant Johan ».

Avec l'aimable autorisation de Sant Johan
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N'oubliez pas d'allumer des bougies un peu partout et de serrer une pièce (l'idéal : un Louis d'or) dans votre main gauche, lorsque vous "sautez" votre première crêpe en l'air... requête symbolique pour une année enrichissante, qui s'exaucera uniquement si votre crêpe lancée retombe impeccablement dans la poêle !

Il faut garder la première crêpe qui est souvent jetée au-dessus d’une armoire, et qui sera tout au long de l'année, garante de la prospérité. Cette crêpe que l'on ne mange pas est la survivance du rite de l'offrande.

 

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mardi 20 novembre 2018

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