• A la mémoire des perceptions et des expériences ..

Théodosia et les serpents du chaos, de R. L. LaFevers

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AngeAdmin vendredi 26 février 2016 15:52


Une malédiction à conjurer ?
Un objet ensorcelé ?
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Théodosia
Spécialité : magie noire… option Egypte ancienne.

Résumé :

Théodosia Throckmorton n'est pas une fille ordinaire : elle a le pouvoir de conjurer les malédictions ! À l'aide de ses formules et potions magiques, elle doit se débarrasser de leur aura maléfique les reliques rapportées d'Egypte par sa mère, exploratrice.

Parmi ces objets, le Coeur de l'Egypte – un scarabée aux ailes d'or – porte en lui une terrible malédiction, qui pourrait mener la Grande-Bretagne au désastre !

Lorsque ce scarabée disparaît, la Vénérable Confrérie des Conservateurs, société secrète au service de sa Majesté, recrute Théodosia afin de retrouver le dangereux objet…


L'auteur :

Depuis son premier jour dans la bibliothèque d'un musée, R. L. LaFevers (Robin Lorraine quand elle a fait des bêtises) est fascinée par les antiquités et les livres. C'est probablement parce qu'elle est convaincue que des mystères qui n'attendent qu'à être découverts hantent tous ces objets de l'ancien temps… Elle a passé une grande partie de sa vie à s'entendre dire qu'elle racontait des histoires, ce qui prouve que son destin était d'écrire des romans. Lorsqu'elle n'est pas occupée par l'examen d'une ancienne relique ou plongée dans la lecture d'un très vieux texte oublié de tous, elle tente de rester dans la même dimension que ses deux fils adolescents, qui vivent en Californie avec elle et son mari… ainsi qu'avec son diabolique de chat !
son site officiel



Mon avis :

Un ouvrage jeunesse très bien écrit ! Je trouve fabuleux d'insérer autant de symboles, titillant la curiosité des jeunes mais aussi des plus âgés, à la rencontre de l'Egypte, de la magie dans le monde ordinaire, des sociétés secrètes... De l'aventure, du rêve et des frissons.


Extraits :

« Partie 1, chapitre 1
Un envoi surprise de ma mère
Le 17 décembre 1906

Je me méfie de Clive Fagenbush.

Comment faire confiance à un individu qui a des sourcils noirs et épais comme des poils de brosse à cheveux, et qui, par-dessus le marché, sent le chou bouilli et les oignons au vinaigre ? Je le soupçonne d'ailleurs de préparer quelque mauvais coup et, pire encore, je crois qu'il me soupçonne moi de mijoter quelque chose. Ce qui m'arrive souvent, en effet.

Bien sûr, personne ne prendrait mes soupçons au sérieux. La parole d'une gamine de onze ans ne pèse pas lourd contre celle du conservateur adjoint, même si cette gamine est la fille du conservateur en chef du musée et qu'elle est plutôt plus intelligente que la moyenne (du moins au dire de certains, ce qui, curieusement, dans leur bouche, n'était sans doute pas un compliment). De toute façon, les adultes se soutiennent toujours entre eux et, intelligent ou non, l'enfant n'a aucune chance face à l'adulte. Sauf s'il est malade ou mortellement blessé.

C'est en tous cas ce que j'ai constaté ici. Mon père s'occupe du musée des Légendes et Antiquités, le deuxième plus grand musée de Londres. Résultat, je passe la majeure partie de mon temps dans ces vieux bâtiments. Remarquez, je ne m'en plains pas. Enfin pas trop. J'aimerais bien tout de même que papa se rappelle de temps en temps que j'existe… Quoi qu'il en soit, j'ai tout ce qu'il faut pour m'occuper. Le musée fourmille de secrets, et il semble que j'aie l'art des les dé-nicher. Idem pour les maléfices. Vous seriez étonnés du nombre d'objets qui entrent au musée chargés de puissants maléfices remontant à la plus haute antiquité égyptienne.

Tenez, ce matin, par exemple, on a reçu une caisse expédiée par maman. »

[…]

p 20-21

« En m'approchant de la statue, j'ai reconnu, entre autres symboles, celui d'Anubis, le dieu des enfers, celui de Seth, le dieu du chaos, et puis un troisième que je n’avais pas souvent vu mais qui, à ma connaissance, représentait l'esprit démoniaque des âmes errantes. Ainsi, mes craintes se confirmaient. Je me trouvais bel et bien devant un objet imprégné des plus sombres maléfices.

Il me fallait regarder tout cela de plus près : une nouvelle épreuve pour moi, car cet examen m'obligeait à prendre l'horrible chose dans ms mains.

Mes gants n'assuraient pas une protection suffisante quand les hiéroglyphes grouillaient ainsi. Les symboles pouvaient très bien s'infiltrer au travers et, croyez-moi, je n'avais aucune envie de voir ces mots et ces symboles aux pouvoirs maléfiques courir sur ma peau !

Par chance, un vieux chiffon traînait sur la table de travail de mon père. Je l'ai enroulé autour de ma main, par-dessus mon gant, et j'ai pris la statue pour aller l'examiner près de la fenêtre.

Les symboles se sont un peu calmés, mais je les sentais attaquer le chiffon. Ils essayaient de le traverser pour s'introduire dans ma chair. Je devais me dépêcher.

J'ai aperçu le symbole d'Apopis, le Serpent du Chaos, puis Montou, le dieu de la guerre. Bizarre. C'était la première fois que je le voyais sur un objet ensorcelé. Il y en avait d'autres encore : des symboles pour les armées, la destruction et…

Un craquement du plancher derrière la porte m'a fait sursauter. J'ai aussitôt couru remettre la statue sur son étagère et chercher un abri. Les recoins sombres ne manquaient pas, mais je voulais une cachette plus sûre.

Avisant une vieille caisse dans un coin, j'ai sauté dedans et je me suis enfouie tant bien que mal sous le matériel d'emballage.

Accroupie au fond de ma caisse, j'ai attendu sans bouger, évitant de regarder vers la porte. Pourquoi ce manque de curiosité ?, me direz-vous. Évidemment, j'aurais bien voulu savoir qui se dissimulait derrière la porte mais je sais aussi par expérience que la plus grande prudence s'impose avec les âmes errantes. Si on les regarde, on concentre sur elles tout son ka, c'est-à-dire sa force vitale sur ce visiteur nocturne, à supposer qu'il s'agisse d'un être surnaturel, je courrais autant de risques qu'en lui fourrant ma lampe à pétrole sous le nez. »