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La cicatrice - Bruce Lowery

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AngeAdmin dimanche 29 septembre 2013 17:19

Résumé :

" J'étais, sans le savoir, un enfant heureux, relativement heureux, il est vrai. Mais ce n'était qu'une impression d'ensemble. Car ma vie, même alors, ne manquait pas de petits malheurs auxquels je n'arrivais pas à m'habituer. Il faut remonter à novembre 1944. J'avais treize ans. " Jeff porte sur la lèvre un petit bec-de-lièvre que tout le monde nomme la " cicatrice ". Une infirmité dont il ne connaît pas la cause et qui lui vaut moqueries et méchancetés de toutes sortes. Parce qu'il ne sait s'en défendre, il intériorise toute cette douleur, toutes ces blessures morales répétées. A cet âge si sensible, s'enfermant peu à peu, il souffre et fait souffrir ceux qui l'aiment sans réserve...

 

4e de couverture :

- Dis, maman, lui demandai-je, Dieu est bon, n'est-ce pas?
- Oui, bien sûr.
- Alors, si Dieu est bon, pourquoi m'a-t-il fait ma cicatrice?

Ainsi le petit Jeff s'interroge et interroge les autres sans trouver de réponse. Ce roman nous présente le drame bouleversant de cet enfant, différent des autres et rejeté par eux. Plus il cherche à sortir de sa solitude, plus il s'y enfonce, car le monde de l'enfance est aussi celui de la cruauté, inconsciente mais féroce. L'histoire de Jeff ne se raconte pas car elle est si vraie qu'il faut la lire, c'est-à-dire la vivre.

 

L'auteur :

Bruce Lowery représente ce rare phénomène littéraire: un américain qui compose directement son oeuvre en français et ensuite obligé de la traduit dans sa langue natale. Né en 1931 à Reno, dans le Nevada, il fit de solides études aux États-Unis avant de venir s'établir en France où il passe une licence de lettres et un diplôme de journalisme. La cicatrice, son premier roman, a été couronné par le prix Rivarol.

 

Extrait :

« Des quelques paroles échangées à table ce soir-là, j'ai surtout retenu, et retiendrai toujours, celles de maman : « Nous t'écoutons. Nous sommes là pour ça. » Ainsi, quoi qu'il m'arrivât, il me resterait toujours ce foyer, ce refuge.

La cuisine était pour moi une sorte de confessionnal. Quand j'y allais, souvent c'était pour une consultation ou pour un aveu. Ainsi, pendant que j'aidais maman à essuyer la vaisselle ― corvée dont il m'arrivait de me plaindre, mais que j'aurais bien regrettée si on me l'avait ôtée ― je lui livrais le fond de mon cœur. Même quand papa montrait de l'impatience et préférait son journal ou la radio à mes confidences, maman écoutait toujours inlassablement.

À cette époque, je n'en étais pas encore au mensonge. Je pouvais leur dire ce qui me passait par la tête, vider mes chagrins. Je pouvais tout leur dire. Un grand privilège. Rares sont les êtres à qui l'on peut tout dire. Lorsqu'on n'a plus personne pour cela, alors on est affreusement seul.

« Raconte, mon garçon. Nous t'écoutons. Nous sommes là pour ça. » encore faut-il pouvoir... »

 

Mon avis :

Livre de chevet d'une amie, elle me le confie avec des yeux pétillants d'émotion. J'ouvre et plonge directement dans la vie de Jeff, tout d'abord avec curiosité, puis de plus en plus émue. Me posant des questions aussi. Comment en arrive-t-il là ? Bien sûr je ne vous dis pas où car c'est un délice de simplicité, d'émotions et des larmes arrivent alors que je lis les dernières lignes. C'est réellement une histoire dont on ne ressort pas indifférent. Et la plume de Bruce Lowery est de celles qui écrivent des réalités toutes nues. La cicatrice a été étudié au collège, fut un temps. À mon sens, elle reste d'actualité.