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Etre fidèle à soi m'aime

Etre fidèle à soi m'aime

Le problème, vois-tu, réside dans le fait que nous possédons en nous et la cultivons, cette fâcheuse idée qui nous fait dire qu'il manque quelque chose. Il manque parfois si peu de chose, un rien. Il manque parfois tellement de choses, tout. Nous nous sommes ainsi peaufinés que... seul, seule, nous nous sentons, ressentons au plus profond de nous-mêmes.

Nous avons, je crois, tissé un gouffre entre soi-même et soi-m'aime. Quelques soient les conditions et/ou prétextes invoquées ; quelques soient les mises en scènes, les acteurs, les réalisateurs, les spectateurs... tous, collectivement, nous avons créé, à force de solitude éprouvée, un tel néant à l'intérieur de nous-mêmes que... il nous semble la plupart du clair de notre temps... illimité en tout lieu, tout espace. Un "trou" si béant, si escarpé, tellement que l'on ne peut que chuter et espérer y gagner des ailes ; afin d'en remonter de ce précipice, cette faille, ce néant fabriqué à grands coups de murs posés entre... cette unité que nous avons ainsi tant éloignée de tout point de vue que l'on se tienne. Que l'on se trouve en haut du précipice, prêt à se laisser choir.

Que l'on sombre littéralement comme aspiré par l'oeil du néant. Que l'on se tienne par-delà d'un néant tout juste franchi et qui semble déboucher sur un autre néant. Que l'on ait tant chuté que tout semble dorénavant perdu... tant et tellement que des ailes nous sont acquises.

Alors, cette vision de nous-même séparés de nous-m'aime par un néant si vaste fait que l'on finit par déclarer forfait ; cette séparation va nous conduire à poser sur le chemin des projections de notre état d'être séparé. Comme autant de réflexions qui émanent d'un être qui vit dans l'un et son contraire. On finit bien sûr par chercher constamment et de manière fort inconsciente ce tout, cet ensemble qui nous renvoie à une unité perdue. Alors, on créé des projections de soi-même, ses propres ombres. Celles qui jaillissent du trou béant.

Alors, inconsciemment et, consciemment pour certains, nous allons cherché à nous mesurer à nous-mêmes, jugés coupables et à l'origine de la séparation. A grands coups de croyances, de dogmes, de spéculations en tout genre et surtout ces genres qui visent à entretenir la séparation, tout en faisant la promesse d'y gagner un paradis lointain, de regagner l'unité, nous allons tenté de maintenir cette croyance qu'ici-bas nous sommes perdus et que nous sommes condamnés à errer pour l'éternité dans ce monde de la séparation. Dieu prend donc plusieurs formes, alors que pour d'autres, elles sont interdites, Il prend plusieurs noms selon... selon ce que l'on croit, qui l'on décide de croire. Nous allons donc dès lors tenter de retrouver une unité que nous faisons voler en éclats en lui injectant ce mal dont nous souffrons, cette solitude, ce sentiment de nager constamment en des eaux paisibles, mais... constamment à contre-courant.

La vie n'est pas un long fleuve tranquille ici-bas. Ici-bas, on nous assure qu'il faut faire ses preuves, tant nous sommes nombreux et soumis à la compétition qui surgit de toute part. Cette compétition qu'ainsi, on engendre. Ces défis que l'on se lance. On invente constamment l'un et son contraire et lorsque le contraire est atteint on va rechercher le contraire de ce contraire, à l'infini des potentiels puisés à la source de la séparation. Toujours assemblés par paires, les contraires. Au gré de nos humeurs, nous souhaitons plutôt ceci, puis cela à mesure qu'elles se modifient. Ensuite, n'obtenant pas l'objet du désir, la paire ne s'imposant pas d'elle-même, nous trépignons, nous nous impatientons pour finir par nous insurger car... entre le désir émis et la matérialisation de ce désir, il s'écoule trop de temps en cette dimension des contraires. Alors, on décrète que c'est de la faute à dieu... what else ? Ou l'on considère que c'est de notre très grande faute, et dans un "mea culpa" général, on se flagelle pour mieux se sentir soulagé, déchargé de nos pêchés.

Ainsi va le monde en cette dimension de la séparation où cette faille, ce gouffre, ce néant nous renvoie constamment à développer comme un état de survie. Un état de survie qui génère tant de souffrances que... bien souvent... l'on voudrait se laisser noyer par ce néant, quitte à ne jamais en revenir, quitte à refuser une paire d'ailes....

Et puis, à force de persévérance, avant même d'attendre de se trouver en haut du précipice, avant même de se préparer à chuter, on se souvient... on se rappelle qu'il n'est nul besoin de chuter pour gagner des ailes. Elles sont acquises, de fait. Alors, plutôt que la chute, on préfère l'envol, le survol. Un autre point de vue s'impose de lui-m'aime et un pont est tissé par-delà le précipice. L'unité est re-trouvée, la re-co-naissance a opéré. Ainsi, par ce pont, cette arche, cette alliance...l'amour de soi fait disparaître toute faille, toute fissure et aucune illusion, aucune projection n'en sort.

Remonter ? Mais, il est tant de fois où, submergée par cet autre moi-m'aime, je souhaiterais juste... non pas m'étendre sur l'asphalte et me laisser mourir, non... juste... ne plus avoir à prendre corps, consistance pour servir l'un et son éternel contraire... tout simplement.

Hommage aux enfants autistes
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Invité
vendredi 16 novembre 2018

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