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Aquacell, une pile qui fonctionne à l'eau

Aquacell, une pile qui fonctionne à l'eau

 

« Ça a un côté magique. Partout où ce projet a été présenté, il a suscité l’enthousiasme. » Ce projet, c’est la pile nouvelle génération, qui fonctionne à l’eau. Une pile écolo, donc, puisqu’elle ne contient aucun métal lourd et qu’elle peut être recyclée et valorisée à hauteur de 85% (contre 50% pour une pile alcaline). Quand elle sort de l’usine, cette batterie est inactivée, c’est l’utilisateur qui doit la charger lui-même, en la plongeant pendant cinq minutes dans de l’eau (voir ci-dessus). « Au contact de l’eau, les ions positifs et négatifs se rencontrent et il se produit une électrolyse », explique le Genevois Olivier Chauffat, qui fait partie du projet depuis le début avec Patrice Horowitz. Mais que contient cette pile? Une feuille de zinc de 1,6 gramme qui permet la réaction chimique ainsi que « des poudres organiques non toxiques». Difficile d’en savoir plus, le tout est protégé par des dizaines de brevets.

Ce produit ne s’adresse pas uniquement aux défenseurs de l’environnement, mais aussi au marché de l’urgence. En effet, la pile non activée peut se conserver indéfiniment, contre 6 à 7 ans pour une batterie ordinaire. Pratique pour les aventuriers, surtout que la pile fonctionne avec tout produit à base d’eau. De l’eau de mer, de la neige fondue ou, faute de mieux, de l’urine feront aussi l’affaire.

Seul bémol, sa puissance est un peu moins grande que celle d’une pile ordinaire. Elle fonctionne parfaitement pour les objets courants de basse et moyenne consommation, comme un radio-réveil, une radio ou une lampe torche, mais n’est pas adaptée pour une caméra numérique, une souris sans fil ou un lecteur MP3. « C’est un peu comme la Smart de la pile, explique Patrice Horowitz, c’est suffisant pour un usage urbain. » Quant à sa durée de vie, elle est environ de deux ans dans une télécommande utilisée quotidiennement. Un résultat qui la place au-dessus d’autres piles similaires, comme la japonaise Nopopo, aujourd’hui disparue.

Fabriquée en Chine

« Ce produit a pris cinq ans pour voir le jour, explique Patrice Horowitz. C’est parti de l’idée d’un Néerlandais installé à Hongkong, Niels Bakker. » C’est donc assez naturellement que la société a vu le jour en Chine. Et c’est également dans ce pays qu’est installée la fabrique. Avec tous les problèmes que cela implique. « Pour éviter que les substances ne s’activent, il faut que le taux d’humidité soit en dessous des 15%. Dans un pays humide comme la Chine, c’est une gageure », sourit le Genevois.

Mais malgré sa fabrication chinoise, c’est en Suisse qu’Aquacell – c’est ainsi qu’est appelée cette batterie à eau – sera lancée. « Du point de vue technologique et écologique, la Suisse est un modèle, explique Patrice Horowitz. Il nous paraissait important d’y être présents. » Les Helvètes sont également les plus assidus dans la collecte de piles usagées (environ 70% sont récupérés) et les deux actionnaires pensent que l’argument écologique de cette pile verte pourra les séduire.

Un pari en passe d’être réussi : dès la semaine prochaine, les piles AA (les plus utilisées) et les AAA (le modèle plus petit) seront commercialisées chez Manor. Et d’autres distributeurs ont également manifesté leur intérêt. [...]

 « Dès 2014, notre usine produira 3 à 5 millions de piles par mois », annonce fièrement Patrice Horowitz. Un chiffre très éloigné de celui des grandes entreprises de piles. « Notre but n’est pas de combattre les marques, mais d’offrir une alternative », explique Olivier Chauffat.

(Le Matin)

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Invité
vendredi 16 novembre 2018

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