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25 solutions pour manger l’esprit tranquille

25 solutions pour manger l’esprit tranquille

Comment minimiser les risques que l’alimentation peut présenter pour la santé de chaque citoyen et pour celle de la planète ? Voici, pour ce faire, un éventail d’actions individuelles bien concrètes. Bien sûr, ces gestes ont leurs limites. Des mesures collectives et des politiques gouvernementales sont aussi nécessaires.

Mais si l’on commençait par changer quelques-uns de ses propres comportements ? Même si les résultats immédiats sont modestes, ces petites actions – conjuguées les unes aux autres – pourraient influencer des décideurs publics ou des chefs d’entreprises. Qui sait ?

 

Comment manger santé et écolo ?

D’abord, des aliments naturels et non transformés

  • 1. Réduire sa consommation de plats prêts à manger.
  • 2. Privilégier les grains entiers : le riz brun, le millet, le quinoa, le pain intégral, etc.
  • 3. Éviter les fruits et les légumes prélavés, précoupés ou prémélangés.
  • 4. Cuisiner un repas de plus par semaine à la maison, en mettant à contribution les enfants ou des amis. Pourquoi ne pas essayer une nouvelle recette ?
  • 5. Se rappeler que plus la liste d’ingrédients des produits alimentaires est courte, mieux c’est...
  • 6. Manger moins de viande rouge.

Histoire de viande

Haro sur la viande rouge

La viande rouge est un produit plus « transformé » que les autres viandes et les végétaux. En général, plus de surfaces de terre sont nécessaires pour produire une quantité équivalente de protéines animales par rapport aux protéines végétales. « Pour produire un kilo de viande de boeuf, il faut de 7 à 12 kilos de matières végétales, selon les races et le type d’alimentation », affirme Jean-Paul Laforest, doyen de la faculté des sciences de l’agriculture et de l’alimentation de l’Université Laval.

Pour la viande blanche, comme le porc, il ne faut que 4 kilos, et encore moins pour la volaille et le poisson, estime-t-il. Du point de vue de l’environnement, les viandes blanches seraient donc plus acceptables, encore mieux si elles sont biologiques.

Du reste, il faut savoir que l’élevage entraîne souvent la destruction des forêts en vue de servir de pâturages au cheptel.

Acheter local

  • 7. À l’automne, dans la mesure de ses moyens et de son espace, stocker le plus possible de légumes : carottes, pommes de terre, betteraves, navets, choux, courges, oignons et ail. C’est le moment de l’année où ils sont les moins chers.
    On peut appliquer des techniques de conservation qui correspondent à sa situation personnelle. Des exemples ? Suspendre de l’ail au grenier, se fabriquer un petit caveau dans le garage, congeler des tomates entières ou cacher des boîtes de courges et d’oignons dans les placards du sous-sol. Les plus courageux pourront se lancer dans la déshydratation ou la mise en conserve.
  • 8. Choisir des fruits et des légumes locaux plutôt que ceux qui proviennent de l’étranger. Rechercher les étiquettes Produit du Québec (ou de votre région).
  • 9. Participer à l’achat de paniers de fruits et légumes1 produits localement – souvent issus de l’agriculture biologique – qui vous seront livrés aux semaines ou aux deux semaines.
  • 10. Fréquenter les marchés publics ou les producteurs agricoles de votre région.

Histoire d’épinard

L’épinard, ce grand voyageur

 

25 solutions pour manger l’esprit tranquilleÀ l’instar de nombreux végétaux, l’épinard parcourt de très grandes distances entre ses lieux de production et de vente, ce qui est une grande source de pollution. Selon des études menées en Iowa, l’épinard vendu dans cet État américain doit parcourir en moyenne plus de 3 200 km. La situation est la même partout en Amérique du Nord.

Ce légume est en effet produit à très grande échelle en quelques endroits seulement du continent, particulièrement en Californie. On ne se surprend donc pas que les lots d’épinards contaminés par la bactérie E. coli, à l’automne 2006, se soient retrouvés dans plusieurs États américains et provinces canadiennes.

Les concepts de « kilomètres-aliments » et d’« odomètre des aliments » ont été mis de l’avant pour faire prendre conscience aux consommateurs des coûts environnementaux liés à l’achat d’aliments qui ne sont pas produits localement. Ainsi, s’ils étaient produits localement, les épinards voyageraient en moyenne 85 km entre la ferme et l’épicerie ou le marché, ce qui est environ 37 fois moins que la distance qu’ils parcourent généralement.

Soulignons que plus cette distance est grande, moins le produit est frais, savoureux et nutritif.

De saison, c’est si bon !

  • 11. Privilégier les fruits et légumes de saison. Dès le printemps, se précipiter sur les premiers légumes locaux, comme les laitues !
  • 12. En hiver, consommer des légumes congelés locaux. Il en existe !
  • 13. Les germinations remplacent avantageusement la laitue hors-saison. Si on les fait soi-même à l’aide d’un petit germoir ou simplement dans un pot en verre, elles sont très économiques.

Disponibilité des fruits et des légumes du Québec

Disponibilité des fruits (par mois)

 

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Bleuet

 

 

 

 

 

 

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Citrouille

 

 

 

 

 

 

 

 

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Fraise

 

 

 

 

 

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Framboise

 

 

 

 

 

 

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Melon cantaloup

 

 

 

 

 

 

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Melon d’eau (pastèque)

 

 

 

 

 

 

 

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Pomme

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Rhubarbe

 

 

 

 

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Source : Association des jardiniers maraîchers du Québec2

Disponibilité des légumes (par mois)

 

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Ail

 

 

 

 

 

 

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Brocoli

 

 

 

 

 

 

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Carotte en feuilles

 

 

 

 

 

 

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Chou-fleur

 

 

 

 

 

 

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Épinard

 

 

 

 

 

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Haricot jaune
et vert

 

 

 

 

 

 

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Laitue en feuilles

 

 

 

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Tomate de champ

 

 

 

 

 

 

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Source : Association des jardiniers maraîchers du Québec2

Pour une version plus complète de ces tableaux, consulter la Disponibilité des fruits et des légumes du Québec.

 

Le bio, pourquoi pas?

  • 14. Les produits bio sont, en général, plus chers que ceux issus de l’agriculture conventionnelle, mais ce n’est heureusement pas toujours le cas. Gardez l’oeil ouvert.
  • 15. Ne pas se fier à l’apparence. Les fruits et légumes bio sont parfois moins uniformes que les produits auxquels les consommateurs sont habitués. Leur saveur et leur texture pourraient en étonner plus d’un.

Histoire de fraise

La fraise et ses 36 substances chimiques

 

Que cachent ces belles grosses fraises qui arrivent de Floride et de Californie durant l'hiver ? Plusieurs substances nuisibles à la santé, si l’on en croit des analyses effectuées par la Food and Drug Administration (FDA), l’organisme d’inspection des États-Unis. En effet, de 1992 à 2001, la FDA a analysé 100 000 échantillons des 46 fruits et légumes les plus couramment offerts sur les marchés américains afin de déterminer leur teneur en résidus de pesticides.

Il en est ressorti que la fraise cultivée dans ce pays faisait partie des 12 produits les plus contaminés par les résidus chimiques (90 % des échantillons). Les résidus de 36 produits chimiques différents, parmi eux de puissants carcinogènes, y ont été retrouvés.

À noter que tous les aliments avaient été lavés avant analyse, afin de tenir compte de la réalité, à savoir que les consommateurs lavent généralement leurs fruits et légumes avant de les consommer.

 

Fruits et légumes : attention pesticides !
Une organisation américaine sans but lucratif, Environmental Working Group, a dressé une liste des fruits et des légumes présentant le plus de résidus de pesticides. Elle s’est basée sur les données de 43 000 tests menés de 2000 à 2004 par le ministère américain de l’Agriculture et la Food and Drug Administration (FDA). Voici les résultats, en ordre décroissant :

Pêche
Pomme
Poivron
Céleri
Nectarine
Fraise
Cerise
Poire
Raisin (importé)
Épinard
Laitue
Pomme de terre
Carotte
Haricot vert
Piment fort
Concombre
Framboise
Prune
Raisin (des États-Unis)
Orange

Passer sous l’eau les fruits et les légumes n’enlève pas tous les résidus de pesticides... Mais cela reste de mise. On peut évidemment les peler, mais on perd, du même coup, une grande partie des nutriments qui s’y logent (fibres, antioxydants...). « La meilleure option est d’avoir une alimentation variée, de laver tous les végétaux que l’on consomme et d’opter pour les aliments biologiques, quand c’est possible, pour réduire l’exposition à des substances chimiques nuisibles », propose l’Environmental Working Group.

Comment consommer responsable ?

Des produits équitables : c’est moins d’intermédiaires !

En plus du café, on trouve maintenant sur le marché canadien du chocolat, du sucre, du thé, du riz, du quinoa, des épices, des bananes et des mangues équitables. Pour être certifiés équitables, ces produits doivent répondre à différents critères qui vont bien au-delà d’un juste prix consenti aux producteurs.

Un commerce direct, établi sur le long terme, avec des coopératives de producteurs est l’une des priorités du secteur. Les intermédiaires - si nombreux dans l’industrie agroalimentaire -sont ainsi éliminés. Ces échanges plus justes entre le Sud et le Nord améliorent aussi les conditions de vie des producteurs agricoles des pays en développement.

  • 16. Si possible, acheter des produits équitables de temps à autre.
  • 17. S’assurer qu’il s’agit bien d’un produit certifié équitable : il doit porter un logo d’un des organismes de certification.

S’informer pour consommer intelligemment

  • 18. Lire les étiquettes des produits alimentaires que l’on consomme.
  • 19. Poser des questions à la fruiterie, à la boucherie, à la poissonnerie, à l’épicerie pour mieux connaître les aliments achetés (provenance, fraîcheur...).
  • 20. Éviter de manger des poissons et des fruits de mer qui sont surexploités ou qui sont cultivés et pêchés sans respect pour l’environnement.

Poissons à privilégier

Poissons à éviter

Flétan du Pacifique

Flétan de l’Atlantique

Omble de l’Arctique

Morue de l’Atlantique

Maquereau de l’Atlantique ou d’Espagne

Thon rouge

Hoki de Nouvelle-Zélande

Hoplostète orange

Tilapia d’élevage

Saumon d’élevage

Barbue d’élevage

Bar commun du Chili

Source : Convention des Nations unies sur la diversité biologique6

 

Histoire de crevette

Les crevettes ne se valent pas toutes !

Divers problèmes environnementaux sont liés à la pêche et à la culture de la crevette, surtout dans les plus importants pays producteurs que sont la Chine, l’Inde la Thaïlande et l’Indonésie.

Les trois quarts des crevettes sur le marché mondial sont récoltés par d'immenses chalutiers, véritables bateaux-usines dont les filets ratissent les fonds marins. Cependant, la crevette ne représente que 2 % de leurs captures totales. Les 98 % restants sont des « prises accessoires » qui n'ont guère de valeur commerciale : elles sont rejetées à la mer, mais beaucoup ne survivront pas. Quatre cents espèces marines, dont certaines menacées d'extinction, sont ainsi directement touchées.

L'aquaculture serait-elle la solution de rechange ? Pas vraiment. Elle engendre d’importants problèmes de pollution des eaux, de stérilisation des terres agricoles, de destruction du milieu écologique des mangroves et d’utilisation massive d’antibiotiques.

Divers organismes comme le Worldwatch Institute et le Monterey Bay Aquarium sonnent donc l’alarme. Ce dernier suggère même d’éviter d’acheter des crevettes importées - surtout d’Asie - et de privilégier celles des États-Unis ou du Canada. Sur le marché canadien, on trouve justement la crevette nordique, appelée aussi crevette rose, qui provient des zones côtières du nord, de l’est et de l’ouest du pays.

À noter qu’au Québec, la pêche à la crevette se pratique avec un chalut intégrant une grille sélective (« la grillle Nordmore »), qui élimine une très grande partie des prises accessoires, surtout celles de poissons de fond.

Comment éviter les intoxications alimentaires ?

On doit s’assurer de la salubrité des aliments au moment de leur achat, de leur conservation, de leur préparation et de leur cuisson. Voici des mesures d’hygiène qui peuvent éviter une éventuelle intoxication alimentaire. À noter qu’elles ont été émises par le Partenariat canadien pour la salubrité des aliments.

  • 21. Bien nettoyer ses mains, les ustensiles et les surfaces de travail avec du savon et de l'eau chaude avant de manipuler des aliments. On peut aussi désinfecter les comptoirs, les planches à découper et les ustensiles avec une solution diluée d'eau de Javel et d'eau (5 ml d'eau de Javel pour 750 ml d'eau).
  • 22. Laver les fruits et les légumes à l'eau courante avant la consommation ou la cuisson. On doit les laver même si on a l’intention de les peler ou de les couper, parce qu’il peut se produire un transfert de bactéries de la surface vers l’intérieur.
  • 23. Garder certains aliments, comme les viandes et les jus de viande, à l'écart des autres aliments pendant la conservation et la préparation. Utiliser des planches à découper différentes pour les viandes crues et les légumes.
  • 24. Réfrigérer ou congeler les produits frais, les aliments préparés et les restes de table dans les deux heures. Ne pas décongeler les aliments à la température de la pièce.
  • 25. Préparer les aliments rapidement, les cuire à la température requise et les servir immédiatement. Ne pas laisser traîner d'aliments à des températures favorables à la croissance de bactéries : les températures critiques se situent entre 4 °C et 60 °C (40 °F et 140 °F).

http://www.passeportsante.net/fr/Actualites/Dossiers/ArticleComplementaire.aspx?doc=manger_risques_pratico_do

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vendredi 16 novembre 2018

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