• A la mémoire des perceptions et des expériences ..

Mariage et "fusion" des esprits

fusion

Il est des livres si anciens, plus anciens que notre présence sur ce monde ; et des coïncidences curieuses qui mènent jusqu’à eux où qu’ils soient ensevelis. Des livres qui délivrent de l’ignorance parce que vérifiables par l’expérience, petite perle scintillante dans la nuit de l’âme, qui révèle le trésor occulté. Se déploient alors ,comme par magie, la carte des cieux, la nature des êtres et des choses, la science harmonique des nombres, le secret des formes et des couleurs et l’Amour, unique et seule voie qui ramène à l’unité, au divin, à la maison comme on dit, à la reconstruction après la chute…

« Que vous dirais-je de la fusion des esprits ? Qu’elle est au moral, le plus puissant élément de la vie spirituelle, de l’enthousiasme divin, de la clarté la plus intense et du bonheur le plus parfait. »

Faten

Au vu de ce titre, plus d’une personne sceptique va se récrier : « Comment les esprits de l’au-delà se marient donc ? »

Oui, certes, les esprits se marient ! je dirai même que c’est seulement lorsqu’elles arrivent dans les premiers cieux que les âmes aimantes se marient réellement. Sur terre, à de très rares exceptions près, on ne se marie pas, on s’accouple ! Ce qui constitue le mariage vrai, c’est la fusion de deux âmes libres. Ce n’est ni l’audition monotone de tel ou tel paragraphe du code, flanquée du traditionnel « Au nom de la loi, vous êtes unis » ; ni la bénédiction sacramentelle donnée avec plus ou moins de pompe par tel ou tel rite ; non plus la cohabitation des conjoints, puisque malgré tout cela, deux êtres dûment mariés d’après le code, le temple et le reste, peuvent se haïr mutuellement au point de solliciter le divorce ! 

Nous désirons cependant que l’on ne se méprenne point sur nos intentions, ce n’est pas le mariage que nous trouvons blâmable, c’est la manière dont on se marie ! En soi-même, le mariage malgré ses imperfections, est encore la seule garantie morale que puissent offrir à deux êtres qui s’aiment, ou qui croient s’aimer, nos lois civiles et religieuses. Nous ne blâmons pas ici que les mariages criminels basés sur les intérêts des contractants, et sur les goûts ou les ambitions de leurs parents….

Laissons donc à notre humanité malade ses pseudo-mariages, et voyons si de l’autre côté du « rideau », les unions d’esprits ne se passent pas d’une manière plus désintéressée, plus noble, plus aimante et plus harmonique. L’âme qui est arrivée, de par un empire constant sur elle-même, à surmonter le mal, à dominer le despotisme des instincts, à maintenir au-dedans d’elle-même le doux rayonnement de la paix, même au milieu des ferments de discorde, verra peu à peu diminuer l’aridité de sa tâche, et s’adoucir les éléments de ses luttes intimes. Parvenue déjà à transformer en sentiments, voire en vertus, les forces hostiles qui lui faisaient la guerre, à transmuer en attributs spirituels ses désirs et aspirations, elle rentre, de par ce fait même, en possession virtuelle de sa double nature et sa complète individualité, et se trouve toute prête à contracter le mariage spirituel. Déjà , par anticipation, elle est en communication intime avec son âme sœur ( réctification : âme fusionnelle) , sur quelque point de la terre ou des cieux que celle-ci fasse son stage douloureux et préparatoire.

Le « mariage » des âmes peut avoir lieu dès le premier ciel. Il se forme sous l’empire d’un sentiment profond et véritable, d’une sympathie réciproque, éclairée par la vue distincte des pensées mutuelles. Union de nature identique, d’aspirations élevées, de volontés ardentes et de fluides épurés. Tels sont les éléments de l’union spirituelles. La joie continuelle de se sentir aimer, compris, préféré par un autre soi-même, est alors la seule ambition rêvée des conjoints, et intégralement réalisée par leur union harmonique, parce que les contractants se connaissent de la manière la plus intime, et que l’un est le parfait complément de l’autre. Comprenez l’ineffable joie de deux êtres confondus en une même puissante sympathie, et sentant vibrer réciproquement en eux-mêmes, leur double personnalité avec d’autant plus de force que leur attraction mutuelle est déjà plus intense.

Lui se sent vivre en elle et elle en lui, non pas seulement par une simple addition de leurs facultés individuelles, mais bien par la multiplication réciproque de ces mêmes facultés ; ainsi leur trilogie ne doit pas se chiffrer par 3+3, mais par 3x3. Quant à la question du « moi », qui semble vous inquiéter un peu en ce moment, touchant à ces questions sublimes, mais troublantes pour vous, du mariage et de la fusion des âmes dans les cieux supérieurs, laissez moi vous dire que dans l’état individuel et isolé de l’Esprit terrestre scindé en deux entités sexuelles, il y a en réalité une conscience du moi beaucoup moindre qu’après la réunion de ces deux entités par le mariage, ou leur réunion totale par la fusion, et voici pourquoi : si dans la plante, la séparation des sexes est l’apanage de certaines d’entre elles, il est cependant certain que les espèces dites « fleuronnées », ainsi que celles dont on a supprimé les étamines au profit des pétales, en faisant ainsi un être fusionné sont en général, les fleurs qui ont toujours le plus d’éclat et le parfum le plus intense. L’animal n’a pas, ou à peine, la conscience du « moi » parce que ses facultés, purement instinctives, ont toutes pour objet le but unique, en sa dualité, de la conservation de l’être et de la perpétuation de l’espèce. L’homme a encore en lui beaucoup de ces facultés animales, tandis qu’au dessus de l‘humanité terrestre, toute trace d’instincts a disparu pour faire place au Nous, ce « moi » collectif. L’union fait la force partout aux cieux comme sur la terre. Ce « moi » auquel vous semblez tenir tant durant votre incarnation terrestre, n’est qu’un sentiment dérivé de vos instincts animaux, un mirage, une pure illusion…

Dans vos unions passionnelles, alors qu’il vous semble que vous êtes tout prêts à annihiler votre personnalité pour la confondre à celle de l’être aimé, c’est alors que votre faux « moi » se montre le plus égoïstement, vous avez beau vouloir vous donner complètement, la nature matérielle est là, infranchissable barrière, qui vient donner un démenti formel à vos transports les plus intimes que, malgré vous, le moi personnel s’accuse avec le plus d’intensité. L’annihilation de la personnalité par la fusion, équivaudrait alors à l’erreur préconisée par certains Bouddhistes ; elle ressemblerait au « Nirvana » Hindou, lequel n’est qu’une fausse conception des fusions supérieures, de l’absorption définitive des esprits purs par le grand foyer central de la divinité. Dans l’être fusionné, l’individualité ascendante, de plus en plus complexe, et comparable à un faisceau de gerbes lumineuses réunie en un gigantesque et éclatant soleil, se distingue toujours elle-même, altruistement, des autres individualités de sa fusion. Unis quoique séparés essentiellement, telle est la nature intime des êtres supérieurs, ils sont plusieurs et ils sont UN. L’être suprême est le type absolu et le summum du fusionnement unitaire ; en lui sont trois natures distinctes : le père, qui est force et puissance le fils, sagesse et distinction ; l’Esprit-Saint, Amour et fusionnement des trois personnalités divines en un dieu unique, éternel, immuable ! Le « mariage » des premiers cieux, n’est en rien comparable au fusionnement du premier degré qui s’accomplit seulement au quatrième ciel, sur la radieuse sphère du soleil ; mais il est déjà pour l’esprit avancé, un énorme progrès accompli, c’est la première étape vers la reconstitution définitive que vos sages nomment judicieusement : La Réalisation Du Grand Œuvre ! Réuni à son entité spirituelle, l’esprit fusionné est assez fort dorénavant et suffisamment éclairé pour subir à nouveau « l’Epreuve » dont le triomphe lui ouvrira, à brève échéance, l’accès des cieux supérieurs. La fusion est supérieure au mariage.

Ce dernier n’est que la reconstitution en une seule entité, de l’être scindé par la chute, en la dualité des sexes. La fusion suprême, qui ne s’opère qu’à partir du quatrième ciel, en la rayonnante sphère du soleil, est l’intime réunion en un nouvel être supérieur, de deux entités complétées déjà par la fusion du premier degré. Si, nous servant des termes connus, nous nommons « Ange » l’être reconstitué au premier titre ; la fusion de deux anges produira un Archange. A l’octave supérieure, la fusion de deux Archanges produira une « Principauté », et ainsi de suite, jusqu’au groupement unique des Séraphins brûlants de Zèle, dont la hiérarchie céleste analogue à la planète rapide qui, vue de la terre, semble se mouvoir au milieu de l’irradiation solaire, se baigne amoureusement dans l’inénarrable rayonnement émané du trône de l’Eternel ; rayonnement tellement intense en sa lumineuse splendeur, que les Chérubins eux-mêmes doivent, pour ne point être éblouis, ramener comme un voile protecteur leurs six paires d’ailes fulgurantes devant leurs yeux incandescents !

La formation d’un esprit fusionné est analogue à l’échelon correspondant à trois octaves au dessous du groupement des âmes animales qui produisent l’être humain sur le plan de l‘évolution. Se « fusionner » c’est fondre son entité en une ou plusieurs autres. L’individualité persiste encore dans cet état supérieur, mais les facultés maintenant harmonisées, sont mises en commun. Le terme juste et parfaitement exact nous manque pour vous expliquer clairement la puissance collective et, tout ensemble, l’autonomie individuelle d’une entité fondue en un ou plusieurs êtres ! Que vous dirais-je de la fusion des esprits ?

Qu’elle est au moral, le plus puissant élément de la vie spirituelle, de l’enthousiasme divin, de la clarté la plus intense et du bonheur le plus parfait. Au jour et à l’heure convenus, une foule innombrable d’esprits s’assemble où doit avoir lieu l’imposante et sublime cérémonie. Sous une sorte de dais splendidement décoré d’étoffes soyeuses et légères, se trouve un trône en diamant fluide, dont les reflets multicolores scintillent sous les splendides rayons solaires, comme autant d’yeux rayonnants et charmeurs. Une brise, douce et suave, agite doucement les oriflammes, dont les nuances forment une gamme à la fois chromatique et musicale, et gonfle gracieusement le tissu vaporeux des bannières éblouissantes de blancheur …

Une invincible mélodie émanée du parfum lumineux des féeriques bosquets voisins, berce doucement l’âme attentive et recueillie des assistants. La joie est partout : dans l’air qui frémit, dans la flore embaumée…. Deux chars lumineux comme des soleils, viennent d’apparaitre sous la coupole céleste, l’un à l’orient, celui de l’âme masculine, l’autre, celui de sa pure fiancée, à l’occident. Rapides comme l’éclair, ils s’avancent, se rapprochent et en une durée inappréciable, se sont confondus en une immense auréole lumineuse, au milieu d’une explosion formidable d’accords séraphiques et de voix mélodieuses, rendant grâce à l’Eternel de l’être nouveau qui vient de se reconstituer en son intégralité spirituelle, et que tout vibrant encore d’une émotion indescriptible, les « Cherubs » célébrants conduisent en grande pompe vers son trône, dont l’éclat éblouissant est maintenant terne devant le majestueux rayonnement qui entoure l’être radieux, le nouvel Ange, ravi dans sa divine EXTASE !

Chers amis, je ne puis vous retracer ces choses que d’une manière insuffisante et terne, parce que RIEN dans vos idées ni dans votre langage, ne concorde et ne peut se prêter à l’exacte reproduction des idées et des faits des cieux supérieurs, sinon par l’analogie. Quand vous unissez ensemble la flamme de deux gaz différents, la nouvelle lumière obtenue par cette combinaison est plus que doublée : il en est de même pour les facultés de l’esprit réintégré. Dans vos rêves, la rapidité s’unit à la facilité d’exécution : la pensée enfante ce qu’elle conçoit et réalise son sujet aussitôt qu’elle l’a conçu. Nous sommes ainsi : rapides, lumineux, heureux, vivant sans obstacles, sans luttes, nous réalisons instantanément, par la volonté agissant sur l’imagination, le désir rationnel qui nait au-dedans de nous.

La satiété ne peut atteindre l’être qui nage ainsi dans l’infini de la vie ; dans les combinaisons sans nombre du bonheur ! Rassérénez vos cœurs, calmez votre imagination inquiète, essuyez vos larmes ; reprenez avec courage votre tâche de vivre. Espérez surtout, espérez toujours ! Rien ni personne ne peut vous ôter vos acquis…que vous-mêmes !

Faites le croitre cet acquis, faites le prospérer ; c’est le précieux et inaltérable capital formé de vos bonnes pensées, de vos actions méritoires, de vos aspirations légitimes, de vos douleurs supportées avec résignation ; toutes ces choses vous enrichissent et vous rapprochent du but suprême : tout cela vous assimile par anticipation à la vie supérieure, vous édifie parmi nous des grades élevés, des sympathies protectrices, des pouvoirs latents, une demeure riante et luxueuse, tout cela est le gage de la réunion future et les éléments spirituels de la Bien Heureuse Fête DU RETOUR ! « Les mystères de l’être »

publié en 1902 – Extraits. Ely Star

 

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L’Amour inconditionnel ou la mort fine - New Age

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dimanche 17 décembre 2017

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