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La Pensée Esotérique de Léonard de Vinci

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Extraits choisis et commentés

Léonard de Vinci fait partie de la famille des initiés. A ce titre, il est tenu de ne pas révéler ses connaissances aux ignorants de peur qu'ils la piétinent, et par conséquent, qu'ils n'en puissent retirer les bienfaits. Aujourd'hui lorsque l'on aborde la qualification de la notion d'Art, nous nous retrouvons en plein Capharnaüm. Les arts contemporains regroupent des disciplines et des créations qui n'ont que peu de rapport avec l'Art digne de ce nom.

En Art tout est symbole, et rendons grâce aux hommes de génie qui ont préservé à l'Art sa condition antérieure et primitive qui est avant tout un moyen d'expression, le Verbe. Ce Verbe, si décrié par un monde décadent en mal d'inspiration, est l'expression et la matérialisation du sentiment ou de l'idée. La peinture fut, entre autre, la principale traductrice des idées théologiques et philosophiques.

Le symbolisme est en relation avec l'état psychologique de l'artiste et devient comme une langue universelle car tout dans la nature peut être transposé à des idées d'ordre différent et l'initié, par exemple, utilise les symboles pour masquer ce qu'il veut réellement exprimer. Selon Denis l'Aréopagite et Saint Augustin, le symbolisme est en harmonie avec notre nature et notre manière de voir et de concevoir les choses. Une chose traduite par le symbolisme est plus expressive et imposante que si on l'exprime à partir de choses ou d'objets sans véritable sens.

La théorie du symbolisme, disait Platon, n'est qu'une image d'un exemplaire divin, ce qui rejoint l'enseignement d'Hermès Trismégiste ; « Ce qui est en haut (monde divin) est comme ce qui est en bas (monde matériel). » Plotin s'exprimait ainsi : « C'est la beauté des choses sensibles qui révèle l'excellence, la puissance et la bonté des essences intelligibles et il y a une connexion éternelle entre les essences intelligibles, qui existent par elles-mêmes, et les choses sensibles, qui en tiennent éternellement l'être par participation et qui imitent la nature autant qu'elles le peuvent ».
Tous les grands artistes comme Mickaël Ange, Raphaël, ainsi que Léonard de Vinci sont unanimes quant à exprimer que, ce qui est en nous nous conduit à l'intelligence de ce qui est au-dessus de nous et les choses corporelles sont souvent prises comme termes de comparaison pour nous élever à la connaissance des questions plus subtiles.

Le symbolisme qui est une loi de la nature devient également une loi de l'esprit humain, si Dieu s'exprime aux hommes par des signes, l'homme qui s'adresse à lui utilise tous les signes dont son intelligence dispose.
Les deux principes de l'Art avec un grand « A », sont l'esprit et la forme. Ils sont comme les deux sexes de la beauté, l'esprit manifesté par la plus belle des formes et la forme vivifiée par l'esprit le plus élevé qui constituent l'Art en Révélation d'une pensée éternelle, magnifiée par la splendeur d'une forme archétype.
Il revient en quelque sorte une certaine gloire à Léonard de Vinci d'avoir réuni, malgré la grande difficulté que cela impliquait, le vrai et le beau, la vérité morale et la vérité artistique au plus haut degré.

L'art doit représenter les choses invisibles par des choses visibles, cette façon d'exprimer l'Art est le Verbe, le langage impalpable. Le symbolisme est donc la science des rapports que seuls les gens intelligents peuvent aimer et comprendre. Ainsi, les peintres mystiques ont fait descendre le ciel sur la terre, comme pour réunir en apothéose les deux opposés, mais néanmoins complémentaires, pôles de la création.

Léonard de Vinci enseigne que : « la peinture considère l'esprit à travers les mouvements du corps ». Mais nous constatons qu'aujourd'hui, les soit disant artistes qui ne voient dans l'expression esthétique qu'un but et non un moyen se sont éloignés de l'Art et du Verbe qui l'exprime. Observons et interrogeons-nous en regardant les tableaux qui représentent l'enfant Jésus portant un doigt sur sa bouche en regardant sa sainte mère.
Tous l'ont représenté ainsi et ce n'est pas un hasard mais une bonne raison qui poussa ces artistes à perpétuer ce langage imagé. C'est l'expression d'un mode rituel constitué par le nombre de représentations de l'enfant Jésus ainsi exprimé. Ceci nous amène à la conclusion que les vrais artistes se soient transmis ou plutôt léguer un savoir accessible au seul petit nombre capable de le comprendre.

Le doigt sur la bouche exprime l'invitation à ne point révéler une chose qui doit rester secrète durant un temps. Se taire traduit un mystère car on ne devrait parler ou révéler que lorsque le cœur en a décidé ainsi. Aussi Jésus indique à sa sainte mère de ne point révéler sa divinité tant que les temps ne seront pas venus. Dans un tableau de Raphaël, « La belle jardinière » Jésus a son pied gauche sur celui de la Vierge. Il exprime ce symbolisme en disant : « Qui marche enfant sur le pied de sa Mère plus tard lui marchera sur le cœur ».

Une autre image symbolique et ésotérique importante est la Vierge qui tient sur ses genoux Jésus enfant caressant un oiseau. Cet oiseau est-il « rossignol, pinson, ou simple moineau », il semble que non ; La raison adopte le Chardonneret car il est l’emblème de la Passion.
Le Chardon étant le symbole de la souffrance et des épreuves, l’idée s’est attachée à cet oiseau qui est friand de la graine de chardon. Une fois de plus le symbole est parlant, il suffit de l’entendre. Le chardonneret nous dévoile ainsi que le mystère de la rédemption ne s’opèrera que par la douloureuse Passion du Divin Enfant.

Si Léonard de Vinci s’exprime dans ses œuvres par l’ancolie, les fleurs et les oiseaux, un autre artiste du nom de Luini représente Jésus au milieu des docteurs de la loi. De l’index de sa main gauche, le Christ montre aux docteurs trois doigts de sa main droite.
Ces trois doigts en éventail ne suggèrent-ils pas immédiatement le Verset 7 du chapitre V de la première épitre de Jean :
« Car il y en a trois qui rendent témoignages dans le ciel : le Père, le Verbe et le Saint-Esprit ; et ces trois sont une même chose »
S’il fut donné tort à Luini d’avoir représenté le Christ en robe richement ornée, la poitrine bridée par deux bandes d’étoffe en croix, l’interprétation ésotérique de cette œuvre est néanmoins significative du point de vue symbolique. Le peintre, ayant très certainement suivi les conseils de Léonard de Vinci, aurait simplement répondu que pour figurer, selon son désir, Jésus Docteur, Jésus Grand-Prêtre de la Loi qu’il vient accomplir, il l’avait représenté en Grand-Prêtre.

Luini savait que les juifs portaient liturgiquement sous la tunique une chemise de lin et que le Grand-prêtre ajoutait sur ses vêtements, qui devaient être magnifiques, l’Ephod. L’Ephod consistait en deux rubans de matière précieuse se croisant sur l’estomac.
Aux époques de beauté, nous dit Paul Vulliaud, les artistes aimaient à parler le langage symbolique... Les sens étaient comme des messagers de la connaissance et l’intelligence notre reine... Les artistes traduisaient ces hiéroglyphes par lesquels tous les esprits communiquent entre eux et avec l’Esprit infini ; ainsi les philosophes étaient des poètes, les poètes étaient métaphysiciens, les peintres chantaient comme des poètes et révélaient le mystère comme de profonds penseurs. Tous se réunissaient dans l’Unité d’un même Idéal dont la forme expressive est multiple.

L’artiste, par la méditation des symboles, devient un conseiller spirituel, un conducteur d’âmes. Aussi, il nous suffit d’appliquer cette méthode d’observation, d’interprétation des œuvres pour toucher du doigt toute la signification caché accessible à ceux qui possèdent l’intelligence de Dieu ; cette intelligence qui permet d’interpréter les peintures, les écritures, les sculptures, etc...

Le symbolisme est une langue universelle. Léonard de Vinci, comme bon nombre de vrais artistes, célèbre le Divin Office de la Religion de la Beauté au moyen des Rites initiatiques dont les organes de la pensée sont les Rythmes, les Fleurs et Lumière, Oiseaux et Fleurs. Tout comme les Chinois ont construit leur alphabet à partir de modèles floraux, tels les artistes utilisent le symbole approprié pour exprimer une idée ou un sentiment précis.
Armé de toutes ces méthodes d’interprétation, chacun peut comprendre toutes les subtilités emblématiquement exprimées par Léonard de Vinci et ses élèves.

L’Art, considéré de cette hauteur d’interprétation est semblable à une Bible. Les procédés d’investigation sont analogues à ceux employés pour expliciter les textes des écritures sacrées. Sous l’apparence innocente des peintures ou des textes se cache la révélation du sens mystique transmis par l’artiste ou l’inspiré qui est, nous n’en doutons pas un instant, une expression de la Tradition Primordiale qui ne doit être révélée qu’à ceux qui sont capables de l’interpréter.

Léonard de Vinci a pu devancer Galilée ou Castelli, et la Science s’honore quand même d’un Galilée et d’un Castelli, mais l’Art n’a jamais eu qu’un Léonard de Vinci, absolument qu’un et la gloire de cet homme prodigieux est auparavant d’être l’auteur de ce tableau incomparable, le Saint Jean, et de ce portrait que son génie a élevé au rang du Symbole ; La Joconde.

Si le mot ART est aujourd’hui galvaudé par des hommes non inspirés, Léonard de Vinci, lui, peut être qualifié d’ARTiste dans le plus grand sens que revêt ce terme.

Extrait trouvé ici : chevalerietemplieretraditionnelle.fr

 

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mardi 17 octobre 2017

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